BR78T3 - Comment comprendre la liberté et la vivre ?

3e causerie
Brockwood Park, Angleterre
2 septembre 1978
Version texte uniquement
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0:54
K: Nous avons parlé de
diverses choses concernant notre vie quotidienne.
Nous ne nous complaisons pas dans de quelconques théories
croyances, ou spéculations idéologiques.
En fait, nous nous préoccupons profondément - du moins je l'espère
de notre vie quotidienne
pour découvrir s'il est vraiment possible
d'amener un changement radical dans nos modes de vie.
Car notre vie n'est pas ce qu'elle devrait être.
Nous sommes confus, malheureux
accablés de souffrance
luttant jour après jour, jusqu'à l'heure de notre mort.
Tel semble être notre lot:
ce conflit sans fin
non seulement dans nos rapports personnels
mais encore vis à vis du monde
qui va se détériorant de jour en jour
devenant de plus en plus dangereux
de plus en plus imprévisible, incertain
où politiciens et nations sont en quête de pouvoir.
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2:40
Mais nous devrions aussi parler ensemble ce matin, je pense
de la liberté.
L'homme, ou la femme
- mon usage du mot 'homme' comprend aussi la 'femme'
j'espère que cela ne vous dérange pas - le MLF (Rires).
Lorsqu'on observe le monde, il nous semble que
la liberté prend de moins en moins d'importance dans la vie quotidienne.
Nous devenons de plus en plus restrictifs
nos actions sont limitées
nos visions des choses sont très étroites
ou amères, cyniques, ou très pleines d'espoir
et nous ne semblons jamais être libres
de nos propres conflits et malheurs quotidiens
complètement libres de tout le labeur de la vie.
3:53
Et je pense que nous devrions discuter
ensemble de cette question de la liberté.
Bien entendu, dans les états totalitaire il n'y a pas de liberté.
Ici, dans le monde occidental, et en partie dans le monde oriental
il y a un peu plus de liberté
liberté de changer de métier, liberté de voyager
de dire ce que l'on, de penser ce que l'on veut
d'exprimer ce que l'on veut, d'écrire ce que l'on veut.
Mais même cette liberté dont on dispose
devient de plus en plus mécanique
ce n'est plus la liberté.
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4:39
Donc, pour peu que l'on soit sérieux, je pense qu'il faudrait
examiner cette question de façon vraiment approfondie.
Si vous le voulez bien.
Les églises, les religions ont essayé de dominer notre façon de penser:
l'église catholique
a, par le passé, torturé les gens pour leur croyance
les a brûlés, excommuniés
et aujourd'hui encore, l'excommunication
reste une forme de menace
pour ceux qui sont catholiques.
Il se passe exactement la même chose
dans les états totalitaires: contrôle de votre esprit
de vos pensées, de votre comportement, de vos actes.
On s'y préoccupe surtout du contrôle de l'esprit
du contrôle des pensées, et quiconque a une opinion divergente
n'est pas d'accord, est déporté ou torturé
ou placé dans un hôpital psychiatrique, etc.
5:53
C'est exactement ce que fit jadis le monde catholique.
Cela se fait maintenant dans les soi-disant états
politiques, économiques.
La liberté est donc une chose dont nous devons découvrir le sens
pour voir s'il nous est possible
non seulement d'être libre intérieurement, profondément
dans toute la mesure du possible, intérieurement, psychologiquement
dans nos tripes, pour ainsi dire
mais encore, de nous exprimer correctement, avec vérité, précision.
Peut-être comprendrons-nous alors ce qu'est la liberté.
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6:46
La liberté est-elle l'opposé de l'esclavage?
La liberté est-elle l'opposé de la prison
de l'asservissement, de la répression?
Etre libre, est-ce faire ce que l'on veut?
Je vous en prie, comme nous l'avons dit l'autre jour
c'est ensemble que nous discutons
l'orateur ne fait qu'exprimer verbalement, je l'espère
les questions que nous nous posons tous
en conséquence, ce n'est pas l'orateur que vous écoutez
mais écoutez les questions que vous vous posez à vous-même
et, par conséquent, l'orateur n'est pas ici présent.
La liberté, est-elle l'opposé de la non liberté?
7:49
Existe-t-il d'ailleurs un opposé quelconque?
Vous comprenez?
Ainsi, si nous nous écartons du mauvais en faveur du bon
et pensons que c'est la liberté
le bon étant la liberté
si nous acceptons le bon - nous pourrons voir sous peu
ce qu'est le bon et ce qu'est le mauvais:
le bon, la bonté, est-ce l'opposé de ce qui n'est pas bon
de ce qui est mal, de ce qui est mauvais?
S'il y a des opposés, il y a alors conflit.
Si je ne suis pas bon, je vais essayer de l'être.
Je déploierai tous mes efforts pour être bon
dans la mesure où je suis tant soit peu conscient
sain, pas trop névrosé.
8:58
Nous posons donc la question suivante:
la liberté est-elle l'opposé de quoi que ce soit?
Ou si la liberté a un opposé, est-ce encore la liberté?
Je vous en prie, examinons cette question ensemble.
Ainsi, tout opposé
le bon et le mauvais
- l'opposé du mauvais étant le bon -
ce bon a en soi les racines du mauvais.
Examinons cela ensemble, je vous prie.
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9:58
Si je suis jaloux, envieux
l'opposé de la jalousie est un état d'esprit
qui n'est pas jaloux - un état, un sentiment.
Mais, si c'est l'opposé de la jalousie
cet opposé a son propre opposé.
Le voyons-nous?
Car nous voulons aborder ce matin la question
de ce qu'est l'amour
si une telle chose existe vraiment.
Ou n'est-ce qu'une sensation que l'on nomme amour?
Pour comprendre toute la signification
la nature et la beauté de ce mot
dont nous nous servons pour définir l'amour
il nous faut comprendre, je crois
ce qu'est le conflit entre opposés
si ce conflit est illusoire
une illusion dans laquelle nous sommes pris
qui est devenue une habitude
ou si seul existe 'ce qui est'
qui, par conséquent, n'a pas d'opposé.
11:35
J'espère que tout ceci ne devient pas trop intellectuel, n'est-ce pas?
Ou trop verbal, trop inepte.
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11:49
Car aussi longtemps que nous vivrons dans les opposés
jalousie et non jalousie
le bon et le mauvais
l'ignorant et l'éclairé
il y a inévitablement ce conflit perpétuel dans la dualité.
Naturellement, la dualité existe:
homme, femme, lumière et ombre, clarté et ténèbres
matin et soir, et ainsi de suite
mais psychologiquement, intérieurement
nous demandons s'il existe un quelconque opposé.
La bonté est-elle le fruit de ce qui est mauvais?
Si elle est le fruit de ce qui est mauvais, du mal
- je n'aime pas me servir du mot 'mal'
dont il est fait un usage si désastreux
comme pour bien d'autres mots en langue anglaise
- donc, si la bonté est l'opposé du mauvais
alors cette bonté est elle- même le fruit du mauvais
par conséquent ce n'est pas la bonté.
13:16
N'est-ce pas?
Voyons-nous cela en nous-mêmes, non comme une idée, une conclusion
que quelqu'un vous a suggérées
mais voyons-nous réellement que tout ce qui est né d'un opposé
contient inévitablement son propre contraire?
N'est-ce pas?
S'il en est ainsi
il n'y a alors que 'ce qui est', qui n'a pas d'opposé.
N'est-ce pas?
Quelqu'un me rejoint-il? Nous rejoignons-nous?
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14:04
Ainsi, tant que nous concevons un opposé, il ne peut y avoir de liberté.
La bonté
n'a absolument aucun rapport avec le mal
c'est-à-dire le 'mauvais' entre guillemets.
Aussi longtemps que nous sommes violents
l'existence d'un opposé non violent
crée un conflit
et la non violence est née de la violence.
L'idée de non violence est le produit d'un état
agressif, abrasif, coléreux, etc.
Il n'y a donc que la violence, non son opposé.
Nous pouvons dès lors nous occuper de la violence.
Aussi longtemps que nous avons un opposé
nous essayons alors de concrétiser l'opposé.
Je me demande si vous le voyez?
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15:38
La liberté est-elle l'opposé de la non liberté?
Ou la liberté n'a-t-elle rien à voir avec son opposé?
Je vous en prie, il nous faut très bien comprendre cela
car nous allons en venir à la question suivante:
l'amour est-il l'opposé de la haine
l'opposé de la jalousie
l'opposé de
la sensation?
Donc, tant que nous vivons dans cette habitude des opposés
ce qui est le cas - 'je dois, je ne dois pas
je suis, je vais être
j'ai été, et dans l'avenir quelque chose va se passer'
tout ceci est l'activité, le mouvement des opposés.
N'est-ce pas, Monsieur?
Pouvons-nous poursuivre?
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17:06
Nous demandons donc ceci: la liberté est-elle
totalement sans rapport avec ce que nous appelons la non liberté?
S'il en est ainsi, alors comment cette liberté doit-elle être vécue
comprise et appliquée, de sorte qu'en émane l'action?
Nous avons toujours agi à partir des opposés.
N'est-ce pas?
Je suis en prison, je dois m'en libérer.
Je dois en sortir.
Je suis esclave d'une habitude
tant psychologiquement que physiologiquement
et je dois m'en libérer pour être autrement.
N'est-ce pas?
Nous sommes donc pris dans l'habitude
de ce corridor sans fin des opposés
de sorte qu'il n'y a jamais de fin au conflit
à la lutte pour être ceci et pas cela.
Je pense que c'est assez clair.
Pouvons-nous poursuivre?
18:36
Ce n'est pas moi que vous écoutez:
vous êtes en train de découvrir ceci par vous-même.
Si c'est le cas, cela a un sens
une signification, et peut être vécu quotidiennement
mais si vous vous contentez d'en admettre l'idée
venant d'un autre, de l'orateur
vous vous contentez alors de vivre dans le monde des idées
et par conséquent, les opposés subsistent.
Le mot 'idée'
d'après sa racine grecque et ainsi de suite
veut dire observer.
Voyez ce que nous avons fait de ce mot!
Il s'agit simplement d'observer et ne pas conclure
ou de faire une abstraction, une idée de ce que vous avez observé.
Nous sommes donc pris dans les idées, et n'observons jamais.
Et s'il nous arrive d'observer, nous en faisons une abstraction, une idée.
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20:03
Nous disons donc ceci:
il n'y a pas de lien entre liberté et servitude
qu'il s'agisse de la servitude d'une habitude
physique ou psychologique
ou de la servitude de l'attachement, etc.
Il n'y a donc que la liberté, pas son opposé.
Si nous en saisissons la vérité
nous nous occuperons seulement de 'ce qui est'
et non de 'ce qui devrait être'
c'est-à-dire de son opposé.
L'avez-vous saisi?
Nous rejoignons- nous quelque part?
N'est-ce pas?
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21:04
Q: Oui.
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21:05
K: Pouvons-nous poursuivre? Q: Oui.
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21:07
K: Alors, s'il est très clair
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21:09
qu'il n'y a que le fait, le 'ce qui est'
et qu'il n'y a pas d'opposé à 'ce qui est'
si vous comprenez cela fondamentalement
et en voyez toute la vérité
vous vous occupez de faits
sans émotion
sans sentimentalité, vous pouvez alors faire quelque chose.
Le fait lui-même fera quelque chose.
Mais tant qu'on s'écartera du fait
le fait et son opposé persisteront.
Vous avez compris?
Alors, nous demandons à présent: est-ce clair
non parce que quelqu'un vous l'a dit
mais parce que vous l'avez découvert par vous-même
fondamentalement, c'est à vous, pas à moi.
Nous pouvons alors commencer à examiner tout cette question
très complexe: qu'est que l'amour?
22:34
Si nous sommes sentimentaux, romanesques et imaginatifs
Raphaélites et mi-Victoriens
nous ne poserons alors même pas cette question.
Mais si nous écartons tout sentiment
toute réaction émotionnelle à ce mot
ou toute conclusion à propos de ce mot
nous pouvons alors aborder sainement
salutairement, rationnellement, le sujet de la nature de l'amour.
Comprenez-vous?
D'accord?
Tout d'abord, abordons-nous la question
sans motif, sans sentimentalité, sans préjugé?
Car c'est l'approche qui importe énormément
plutôt que l'objet lui-même.
N'est-ce pas?
Sommes-nous ensemble ici?
Suis-je en train de vous endormir tous, ou quoi? (Rires)
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23:59
Savons-nous alors comment aborder cette question?
Sommes-nous conscients de la manière dont nous l'abordons?
Si vous dites: 'oui, je sais ce qu'est l'amour'
vous avez, par conséquent, arrêté la recherche.
Comme nous l'avons dit, la façon d'aborder le problème
est plus importante encore que le problème lui-même.
N'en faites pas un slogan, ou un cliché
sinon, vous avez tout perdu.
Alors, sommes-nous au clair sur la manière
dont nous abordons la question?
Si l'approche est correcte, précise
c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni conclusion, ni opinion
ni expérience, vous alors l'abordez d'un regard neuf
vous l'abordez alors dans le sens d'une recherche en profondeur.
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25:26
Nous disons donc: qu'est-ce que l'amour?
Les théologiens ont écrit des volumes là-dessus.
Les prêtres du monde entier
l'ont chargé de signification.
Chaque homme, chaque femme de par le monde
lui donne un sens particulier.
S'ils sont sensuels
ils lui donnent ce sens là, etc., etc., etc.
Donc nous sommes conscients de la manière dont nous l'abordons
ouvertement, librement, sans aucun motif
alors la porte est ouverte à la perception de ce qu'il est.
N'est-ce pas?
Nous fermons la porte à cette perception
si nous l'abordons avec une opinion
avec une conclusion quelconque, avec nos propres petites expériences.
26:43
Nous avons fermé la porte, et
la recherche est impossible, mais si vous y venez ouvertement
librement, avec ardeur, pour découvrir, alors la porte s'ouvre
vous pouvez voir de l'autre côté.
Bien?
Je vous en prie, le faisons-nous?
Car je pense que cela pourrait résoudre tous nos problèmes humains.
L'approche et qu'est-ce que l'amour?
Dans le monde de la mécanique, il n'existe pas.
Pour les peuples totalitaires
ce mot est probablement une abomination
ils ne connaissent que l'amour du pays, l'amour de l'Etat.
27:44
Ou si vous êtes un Chrétien, vous avez l'amour de Dieu
l'amour de Jésus ou l'amour de quelqu'un.
En Inde, c'est l'amour de leur gourou particulier
ou de leur divinité particulière, et ainsi de suite.
Alors, écartant tout cela
non par ignorance, mais voyant ce qui a été fait
ce que les religions ont fait de ce mot
et ressentant peut-être ce que comporte ce mot
étant conscients de tout cela, il faut se pencher là-dessus.
N'est-ce pas?
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28:34
Cela signifie qu'il ne faut pas seulement examiner
ce que d'autres ont fait de ce mot
comment ils ont imposé à nos esprits certaines conclusions
aux cours des âges, mais encore
quelles sont nos propres tendances.
Etant conscients de tout cela
abordons la question avec prudence.
Qu'est-ce que l'amour?
Est-ce le plaisir?
Allons, Monsieur, cherchez, entrez en vous-même pour trouver.
Est-ce le plaisir?
Ce l'est pour la plupart d'entre nous
le plaisir sexuel que nous appelons l'amour, le plaisir sensuel.
Et ce plaisir sensuel
ce plaisir sexuel a été appelé l'amour.
Et cela paraît dominer le monde.
Cela domine le monde
probablement parce que cela domine nos vies.
30:03
Nous avons donc identifié l'amour à cette chose appelée plaisir
et l'amour est-il plaisir?
Ce qui ne signifie pas que l'amour ne soit pas plaisir.
Il vous faut examiner cela
ce pourrait être quelque chose d'entièrement différent.
Mais il faut d'abord examiner la chose.
N'est-ce pas?
L'amour est-il désir?
L'amour est-il souvenir?
Je vous en prie.
C'est-à-dire, l'amour est-il
le souvenir de l'expérience éprouvée en tant que plaisir
et le besoin qu'a la pensée de ce désir avec son image?
Et la poursuite de cette image est appelé amour.
Est-ce là l'amour?
N'est-ce pas Monsieur?
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31:35
Et le fait d'être attaché à une personne
ou à un pays, à une idée, est-ce l'amour?
Attachement, dépendance.
Regardez en vous-même, je vous prie, ne m'écoutez pas.
M'écouter n'en vaut pas la peine.
Mais ce qui est signifiant, ce qui est valable
c'est que vous vous écoutiez vous-même
quand ces questions sont posées.
Vous devez y répondre par vous-même
car c'est de votre vie quotidienne qu'il s'agit.
Et si l'attachement n'est pas l'amour
ou si l'attachement est l'amour
qu'est-ce que cela implique?
32:34
Vous comprenez ma question?
Si nous disons que l'amour est le plaisir
il nous faut alors voir toutes les conséquences
et les implications de cette affirmation.
Nous dépendons alors entièrement de
l'excitation sensorielle, sexuelle qu'on appelle l'amour.
Et qui s'accompagne de toute la souffrance, de l'angoisse
du désir de posséder
et de l'attachement né de ce désir possessif.
Et de l'attachement naît la peur
la peur de perdre.
Et de là naît la jalousie, l'angoisse
la colère, et peu à peu, la haine.
N'est-ce pas?
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33:41
De même qu'il nous faut voir
quelles en sont les conséquences si [l'amour] n'est pas le plaisir?
Qu'est-ce alors que l'amour
qui n'est ni jalousie, ni attachement
ni souvenir
ni poursuite du plaisir par l'imagination, le désir, etc.
?
L'amour est-il alors l'opposé de tout ceci?
Vous suivez?
J'ai perdu le fil!
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34:38
Nous disions ceci:
l'amour est-il l'opposé du plaisir, de l'attachement, de la jalousie.
Si l'amour est cela, cet amour-là comporte alors la jalousie
l'attachement et tout ce qui s'ensuit.
Par conséquent
au vu de toutes les implications de l'attachement
de la poursuite du désir
du déroulement continu du film des souvenirs
- j'aimais, je ne suis pas aimé
je me souviens d'un certain plaisir sexuel
ou d'un certain incident qui m'a donné du bonheur
la poursuite de cela
et de l'opposé de ce qu'on appelle l'amour
- l'amour est-il alors l'opposé de la haine?
Vous comprenez?
Ou l'amour n'a-t-il pas d'opposé?
Vous suivez tout ceci?
Il fait chaud.
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36:07
Nous sommes donc en train de découvrir
- je vous en prie, allez-y et vous verrez quelque chose
d'extraordinaire en ressortir.
Je ne sais pas encore moi-même ce qui va en ressortir
mais je sens que quelque chose d'extraordinaire va en ressortir
si vous vous écoutez tous, effectivement.
Et les religions ont créé l'amour de dieu
l'amour de Jésus, l'amour de Krishna, l'amour de Bouddha
vous suivez?
- sans aucun lien avec la vie quotidienne.
Et ce qui nous préoccupe, c'est la compréhension
et la découverte de la vérité de notre vie quotidienne
dans sa totalité, pas simplement le sexe, le pouvoir ou la situation
..ou la jalousie, ou quelque complexe stupide que l'on peut avoir
mais toute la structure et la nature
de la vie extraordinaire dans laquelle nous vivons.
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37:16
Donc, ainsi que nous le disions, l'opposé n'est pas l'amour.
Si nous comprenons cela
par la négation de 'ce qui n'est pas'
c'est-à-dire, pas en le niant ou le refusant
dans le sens de l'écarter, d'y résister
de le contrôler, mais en comprenant toute la nature
la structure et les implications du désir
du plaisir, du souvenir.
Il en émane l'essence de l'intelligence
c'est-à-dire l'essence même de l'amour.
N'est-ce pas?
Nous rejoignons-nous, Monsieur?
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38:21
Vous dites: c'est impossible.
Je suis jeune, j'ai de la pêche
j'ai plein d'énergie sexuelle, et je veux m'y complaire.
Appelez cela comme vous voulez, mais cela me plaît.
Jusqu'à ce que j'attrape une maladie
ou qu'un homme ou une femme me quitte pour quelqu'un d'autre
alors commence tout le cirque:
jalousie, angoisse, peur, haine, et ainsi de suite.
Alors, que faire quand on est jeune
plein de vie, et toutes les glandes en pleine activité?
Que faire?
Ne me regardez pas!
(Rires)
Regardez-vous.
Ce qui signifie - écoutez je vous prie
ce qui signifie que vous ne pouvez
dépendre d'autrui pour trouver la réponse.
39:52
Il faut être votre propre lumière.
Soyez votre propre lumière afin de comprendre
le désir, le souvenir, tout l'attachement
et tout cela - comprenez-le, vivez-le, découvrez.
Découvrez comment la pensée recherche sans fin le plaisir.
Si vous comprenez la profondeur
la plénitude et la clarté de tout cela
nous ne serons alors pas dans un état de contrôle perpétuel
puis de culpabilité et de regret - vous suivez?
Tout ce par quoi l'on passe quand on est jeune
si l'on est sensible.
Si l'on ne s'intéresse qu'au plaisir, eh bien
c'est une autre affaire.
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41:03
L'amour n'est donc pas l'opposé de la haine
du désir ou du plaisir.
L'amour est donc tout autre chose que tout cela
car, l'amour n'a pas d'opposé.
Si vous comprenez réellement ceci
- approfondissez-le, pas à travers mon enthousiasme, ma vitalité
mon intérêt, mon intensité -
vous découvrirez alors
ce qui englobe encore plus que tout cela: la compassion.
Ce mot 'compassion' veut dire passion pour toute chose.
Pour le rocher, pour l'animal errant, pour les oiseaux
pour les arbres, la nature, les êtres humains.
Comment cette compassion s'exprime-t-elle?
Quand il y a cette compassion, effectivement
pas théoriquement et toutes ces inepties
quand il y a effectivement cet état de compassion
tout acte procédant de là est un acte d'intelligence.
42:45
Car il ne peut y avoir amour
si l'on n'a pas compris tout le mouvement de la pensée.
On ne peut saisir toute la beauté
toute la signification et la profondeur de ce mot
si l'on ne comprend pas tout le phénomène de l'attachement
pas intellectuellement, mais effectivement
dans la mesure où l'on est libre de l'attachement
à l'égard de l'homme ou de la femme
de la maison, d'un certain tapis
ou de n'importe quel objet que vous possédez.
N'est-ce pas?
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43:36
Alors, de cette recherche et de la prise de conscience
de tout ce que cela signifie
émane l'intelligence
pas celle qui naît des livres, de pensées astucieuses, de discussions
d'expressions brillantes, et tout cela
mais de la compréhension de ce que l'amour n'est pas
et laissant tout cela de côté.
Pas en disant: 'eh bien, je vais découvrir tout cela graduellement
quand je serai mort et enterré, ou juste avant'.
Maintenant, aujourd'hui-même
pendant que vous êtes assis ici
vous écoutant vous-même
être complètement libre de tout attachement
à votre femme, votre mari, votre amie
- l'attachement, vous comprenez?
Le pouvez-vous?
Sans y résister, sans le rejeter:
'je vais le combattre, mobiliser ma volonté
pour y résister', etc., ect., etc.
La volonté fait partie du désir.
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44:55
Pouvez-vous donc écarter
l'attachement, la dépendance
sans devenir cynique, amère
sans vous replier sur vous-même et résister.
Du fait que vous avez compris
ce qu'implique l'attachement
cette compréhension même fait qu'il disparaît
et il disparaît parce que vous êtes intelligent
il y a intelligence.
Cette intelligence n'est ni la vôtre, ni la mienne, c'est l'intelligence.
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45:34
Ainsi, l'acte de compassion ne peut naître que de l'intelligence
ne peut venir que par l'intelligence.
Voyez ces personnes qui aiment les animaux
les protègent et portent leur fourrure, n'est-ce pas?
Vous l'avez bien vu, n'est-ce pas?
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46:07
Quand nous avons compris cela, dans toute sa profondeur
nous pouvons alors aborder l'examen
de ce problème de la peur à l'égard de la mort.
D'accord?
Vous le voulez bien?
Non, non, je vous en prie (Rires)
Ne dites pas à la légère: 'oui, faisons cela, pour le plaisir'.
En effet, que nous soyons jeunes ou vieux
que nous soyons malades, ou boiteux
aveugles, sourds, ou ignorants
pauvres, nous avons, pour la plupart, peur de la mort.
Il est de notre tradition, de notre culture
de notre vie quotidienne
d'éviter cette chose que nous appelons la mort.
Nous avons tout lu à ce sujet.
Nous avons vu des gens mourir
nous les avons pleurés
et éprouvé cet immense sentiment d'isolement, de solitude
et la peur de tout cela.
47:42
Et cela donne lieu à cette grande souffrance, affliction
non seulement la souffrance de deux êtres humains
mais aussi cette grande souffrance
cette souffrance globale, dans le monde.
Je ne sais si vous avez conscience de tout cela.
Nous avons eu récemment deux guerres.
Cela n'a-t-il pas causé une immense souffrance dans l'humanité?
Non?
Pensez-donc, combien de femmes, d'enfants
de gens ont pleuré, versé des larmes.
Ce ne sont ni mes larmes, ni les vôtres, mais les larmes de l'humanité.
Il y a donc une souffrance globale
la souffrance du monde
et il y a aussi un être humain en proie à sa souffrance.
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48:57
Etes-vous tous hypnotisés par moi?
Je suis un peu inquiet
Je pose toujours cette question, vous voyant tous tellement silencieux
et j'espère que ce silence indique
l'absence de tout mouvement physique
et l'absence de tout mouvement de pensée.
Cela montre-t-il que vous
vous sentez tous vraiment, profondément concernés
que vous cherchez profondément, de tout votre cœur et esprit
de votre être tout entier, à comprendre tout cela?
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49:42
Aussi, avant d'aborder cette question de la mort
il nous faut aussi comprendre la nature de la souffrance:
pourquoi nous versons des larmes
pourquoi nous rationalisons la douleur
pourquoi nous nous y accrochons.
Dans le monde chrétien, on a mis la souffrance sur la croix
et c'en est fini.
Vous avez idéalisé ou remis cette souffrance à quelqu'un
et cette personne va vous racheter la souffrance.
Vous savez tout cela, n'est-ce pas?
Aussi, ne va-t-on jamais au fond de cette question de la souffrance.
Dans le monde asiatique, la douleur s'explique
par diverses théories, très intelligentes, très habiles.
51:01
Ces théories offrent de grandes possibilités
mais pourtant, dans le monde asiatique
y compris l'Inde, la souffrance est toujours là.
Aussi, nous demandons si l'homme pourra jamais s'en affranchir.
Nous posons cette question
afin de découvrir sa juste place
la juste place du sexe, de l'argent
de la sécurité physique, du savoir technologique, et ainsi de suite.
Toutes ces chose ont leur juste place.
Une fois que vous les avez mises à leur juste place, la liberté vient.
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51:56
La souffrance:
le mot souffrance
implique la passion.
- la passion, pas la convoitise -
mais cette qualité d'esprit
[est là] quand la souffrance est totalement comprise
et approfondie
vue dans toute sa signification
il en alors la passion.
Il ne s'agit pas de peindre des tableaux - ce n'est pas ce que je veux dire.
La passion
cette qualité d'énergie
qui ne dépend de rien
ni de l'environnement, ni de la bonne nourriture, etc
c'est cette formidable qualité d'énergie
qui peut être désignée sous le nom de passion.
53:12
Elle naît de la compréhension
de ce fardeau que l'homme a porté pendant des millénaires.
Pourquoi souffrons-nous, psychologiquement?
On peut éprouver une douleur physique, être blessé, malade, infirme
et est-il possible - écoutez calmement, je vous prie -
de mettre la douleur physique à sa juste place
et de ne pas la laisser agir sur l'état psychologique
de l'esprit - vous comprenez ce que je dis?
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54:03
On éprouve souvent
la douleur physique, sous une forme ou une autre.
On peut subir une maladie grave
ou une infirmité
et cette maladie, cette infirmité, etc
il ne faut pas les laisser agir sur la liberté
sur la fraîcheur de l'esprit.
Il faut une extrême vigilance
et attention pour ne pas enregistrer la douleur physique
vous comprenez?
- psychologiquement.
Nous rejoignons-nous?
Il vous est arrivé d'aller chez le dentiste, n'est-ce pas?
moi aussi, comme la plupart d'entre nous
et éprouvé une douleur physique considérable, des heures durant
et il s'agit de ne pas du tout enregistrer cette douleur.
55:41
Car si vous l'enregistrez
vous craignez alors d'y retourner, la peur se manifeste.
Tandis que si vous n'enregistrez pas
la douleur - vous suivez?
une toute autre qualité d'esprit, du cerveau, entre en jeu.
Nous avons approfondi la question de l'enregistrement
avec beaucoup de clarté, de soin, je n'y reviendrai donc pas.
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56:13
De même
nous vivons dans la souffrance
peut-être de plus en plus
à cause des divorces: les gens divorcent
et leurs enfants passent par de grandes difficultés
les enfants souffrent
deviennent névrosés subissent tout cela.
Lassé de sa femme actuelle
pour diverses raisons, sexuelle ou autre
et l'on se met en quête d'une autre femme - ou inversement
vous suivez tout ceci?
- c'est bien ce qui a lieu.
Il y a donc une énorme souffrance dans le monde
les prisonniers
la pauvreté en Inde et en Asie
une pauvreté incroyable.
57:37
Et la souffrance
de ceux qui vivent dans les Etats totalitaires.
Nous parlions l'autre jour à une personne
rencontrée en Suisse
et nous lui avons demandé: comment pouvez-vous tolérer tout cela?
'On s'y habitue', répondit-elle.
Non, non, voyez tout ce que cela implique.
Nous nous habituons à l'oppression, à la répression, à la peur
surveillant toutes nos paroles - on s'y habitue.
Comme nous nous habituons à notre propre petit environnement
vous comprenez ce que je dis?
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58:34
Alors, est-il possible d'être totalement affranchi de la souffrance?
Si l'esprit, si le cerveau est capable
de ne pas se complaire dans son propre malheur
dans sa propre solitude
dans ses propres anxiétés, sa peine et sa lutte
vous savez, la peur et tout cela
il n'y a alors aucun centre à partir duquel vous agissez
- le centre étant le 'moi'
avec tout ce que nous y avons incorporé.
Tant que cela existe, la souffrance est inévitable.
Ainsi, la fin de la souffrance est la fin du 'moi', de l'ego.
Ce qui ne veut pas dire que la fin du 'moi' implique
rudesse, indifférence - au contraire.
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1:00:04
Ainsi, nous savons ce qu'est la souffrance
et il s'agit de ne jamais la fuir
seulement de vivre avec elle, de la capturer, de la comprendre
de l'examiner au moment même, pas au bout de quelques jours
après être passé par toutes sortes de luttes
seulement de ne jamais s'écarter de ce fait.
Cela n'engendre alors aucun conflit.
Il en émane alors une énergie d'une toute autre nature
c'est-à-dire la passion.
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1:00:46
Nous pouvons maintenant aborder, si nous en avons le temps
Pardon?
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1:00:54
Q: 11 heures 27
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1:00:55
K: Oh, il nous reste du temps.
Nous pouvons donc aborder la question suivante: qu'est-ce que la mort?
Tout ceci est nécessaire pour découvrir ce qu'est la méditation
vous comprenez?
Etre affranchi des vexations, blessures psychologiques
être affranchi de la peur
comprendre tout le mouvement du plaisir
la nature et la structure de la pensée
et la pensée qui a créé la division:
le 'moi', et la chose observée qui n'est pas'moi'
vous suivez?
- toutes les divisions.
Il faut comprendre tout cela et en établir le fondement
alors on peut vraiment méditer
sinon, vous vivez dans l'illusion
une sorte de rêverie fantasmagorique.
Ou vous vous rendez au Japon, ou en Birmanie
- j'ignore si l'on peut se rendre en Birmanie de nos jours -
au Japon et y apprendre la méditation Zen.
1:02:16
Tout cela est tellement inepte!
Car tant que vous ne mettez pas votre maison en ordre
la maison qui brûle, qui se détruit
si vous ne mettez pas votre maison, c'est-à-dire vous-même, en ordre
s'asseoir sous un arbre en tailleur ou en lotus
ou dans toute autre autre position, n'a absolument aucun sens.
Vous pouvez vous bercer d'illusions
avoir pléthore d'illusions.
Voilà donc pourquoi il importe de comprendre
et d'être délivré de l'angoisse, de la peur, de l'attachement
et [de voir] s'il est possible de découvrir la fin de la souffrance.
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1:03:19
Nous pouvons alors aborder la question de la mort.
Je me demande pourquoi nous en avons tous tellement peur.
Vous êtes vous jamais demandé: que veut dire mettre fin
à n'importe quoi?
Que veut dire mettre fin à l'attachement?
Y mettre fin
en ce moment même, assis là
en train de vous observer très soigneusement
et de vous rendre compte que vous êtes attaché à une personne
ou à ceci ou cela, à des idées, à vos expériences, etc.
Mettre fin à cet attachement, maintenant, sans discussion, etc., etc.
Simplement, y mettre fin.
Que se passe-t-il alors?
Comprenez-vous ma question?
Je suis attaché à cette maison, là, derrière moi.
J'espère que non!
Et, me rendant compte que j'y suis attaché
non pas théoriquement, de façon abstraite, mais effectivement
j'ai la sensation de la posséder
d'y exister, et toutes ces inepties
1:05:08
Il faut observer cela
être conscient de cet attachement et y mettre fin instantanément.
Le fait de mettre fin est d'une importance capitale
la fin d'une habitude
fumer, ou toute autre habitude: y mettre fin.
Il faut donc comprendre ce que veut dire mettre fin à quelque chose
sans effort, sans volonté
sans demander: 'si je cesse ceci, vais-je obtenir cela?'
Ce n'est alors qu'un marché.
Au marché, vous dites:
'je vous donnerai ceci, donnez-moi cela'
ce que fait la plupart d'entre nous, consciemment ou inconsciemment.
Ce n'est pas là mettre fin.
Il faut mettre fin et découvrir ce qui ce passe.
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1:06:23
Il en va de même pour la mort.
Je vous en prie, arrêtez-vous là un instant
ne dites pas : 'est-ce qu'il y a une vie après la mort?'
'Croyez-vous en la réincarnation?'
Comme je l'ai dit, je ne crois en rien.
Point final.
Réincarnation comprise.
Mais, je veux découvrir
- il faut découvrir ce que signifie mourir.
Ce doit être un état extraordinaire.
C'est-à-dire, être libéré du connu
vous comprenez ceci?
Je connais ma vie - votre vie.
Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez approfondie
l'avez observée, avez étudié avec soin toutes vos réactions
et votre comportement, votre manque de sensibilité
ou étant sensible, votre fuite dans l'insensibilité
etc., etc., etc.
1:07:34
Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez observée.
Et tout cela va prendre fin.
N'est-ce pas?
Votre attachement va prendre fin quand vous mourrez.
Vous ne pouvez l'emporter avec vous
mais vous aimeriez peut-être le conserver jusqu'au dernier moment.
N'est-ce pas?
Alors, pouvez-vous mettre fin à vos habitudes, à une habitude
sans discuter, sans la rationaliser, sans la combattre?
Vous savez, c'est fini, terminé, passé.
Que se passe-t-il alors?
Vous ne le découvrirez que si vous ne faites pas intervenir la volonté.
N'est-ce pas?
'Je vais y renoncer'
quelle que soit votre habitude spécifique.
1:08:49
Vous êtes alors en lutte avec elle
vous vous battez contre elle, vous la fuyez
la réprimez, et tout ce qui s'en suit.
Mais si vous dites
'oui, j'y mettrai fin, peu importe, j'y mettrai fin'
voyez ce qui se passe.
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1:09:07
De la même manière, la mort implique la fin.
La fin de tout ce que l'on a amassé pendant cette vie:
le mobilier, le nom, la forme
vos expériences, vos opinions, vos jugements
vos jalousies, vos dieux, votre culte, vos prières
vos rituels, tout prend fin.
Le cerveau, qui a recueilli des souvenirs immémoriaux
des traditions et des pensées
manquant d'oxygène, ce cerveau cesse d'exister.
C'est-à-dire, le 'moi' qui a tant amassé
le 'moi' est la somme de tout ceci.
1:10:17
N'est-ce pas? C'est évident. Non?
Le 'moi' est ma peur, le 'moi' est mon attachement
ma colère, ma jalousie, mes craintes, mon plaisir
mon attachement, mon amertume, mon agressivité
voilà ce qu'est le 'moi'.
Et ce 'moi' va prendre fin.
Ce 'moi' est projeté par la pensée
laquelle est le fruit du savoir
savoir acquis pendant mes 50, 60, 30, 20, 80, ou 100 années
tel est le fait, le savoir, le connu.
La fin du connu
c'est la liberté à l'égard du connu, c'est la mort, n'est-ce pas?
Non?
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1:11:31
Et il faut découvrir
si l'esprit peut se libérer du connu.
Pas au bout de 30 ans, mais maintenant.
La fin du connu
c'est le 'moi', le monde dans lequel je vis, tout cela.
Le 'moi' est souvenirs - écoutez tout ceci, je vous prie
le 'moi' est les souvenirs, les expériences
le savoir que j'ai acquis
pendant quarante, soixante, trente, vingt, ou cent ans
le 'moi' qui a lutté
le 'moi' qui est attaché, à cette maison, à cette femme
à cet homme, à cet enfant, à ce mobilier, à ce tapis
ce 'moi' qui est l'expérience
que j'ai amassée durant bon nombre d'années
le savoir, la douleur, l'anxiété, les peurs
les jalousies, les blessures, les croyances en tant que chrétien
l'amour de Jésus, l'amour du Christ, tout cela est le 'moi'.
1:12:46
Et ce 'moi' n'est qu'un tas de mots - non?
Un tas de souvenirs.
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1:13:01
Alors, puis-je être libéré du connu
puis-je mettre fin au connu maintenant
pas quand la mort arrive et dit:
'allez, mon vieux, ton heure est arrivée'.
Maintenant.
Mais nous nous accrochons au connu, car nous ne connaissons rien d'autre.
Nous nous accrochons à nos souffrances, à notre vie
la vie qui est douleur, anxiété
vous connaissez tout cela
c'est-à-dire, notre malheureuse vie quotidienne.
Et si l'esprit ne s'y accroche pas du tout
tout cela prend fin.
Mais nous n'y mettons malheureusement jamais fin.
Nous disons toujours:
'oui, très bien, je vais y mettre fin, mais que va-t-il se passez?'
1:14:18
Nous voulons ainsi que cette fin comporte un réconfort.
Comprenez-vous, Messieurs?
Alors, quelqu'un passe par là et dit:
'allez, croyez en ceci
cela vous procurera un immense réconfort.'
Tous les prêtres de par le monde viennent
vous tapoter l'épaule, ou vous prendre la main quand vous pleurez
ils vous donnent le réconfort, l'amour de Jésus
ou 'il vous sauvera, faites ceci, faites cela'.
Comprenez-vous?
Nous parlons de la fin intemporelle
de la cessation du temps, c'est-à-dire la mort. Comprenez-vous?
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1:15:16
Alors, que se passe-t-il quand a lieu la fin du 'moi'
du connu, et quand on est libéré du connu?
Est-ce du tout possible?
Ce n'est possible
que lorsque l'esprit a compris
et mis chaque chose à sa juste place
si bien qu'il n'y a aucun conflit.
Quand on est libéré de ce connu
qu'y a-t-il?
Comprenez-vous ma question?
Vous posez-vous cette question?
Je vais mettre fin à mon attachement à cette maison
à cette femme, ou à ce garçon, ou à cette fille.
J'y mettrai fin.
Et alors?
Vous le demandez-vous?
1:16:19
Si vous posez la question: 'et alors'
c'est que vous avez abordé tout le problème de façon inadéquate.
Vous ne poserez jamais cette question 'et alors'.
Le fait même de poser la question 'et alors'
implique que vous n'avez pas réellement
abandonné, mis fin à quoi que ce soit.
C'est un esprit paresseux qui dit 'et alors'.
Gravissez la montagne et vous découvrirez
ce qu'il y a de l'autre côté.
Mais la plupart reste confortablement assis dans le fauteuil
écoutant la description
et se satisfaisant de la description.
Terminé. D'accord?
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