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OJ80T6 - L'action, l'observation, et mourir tout en vivant
6e causerie
Ojai, Californie, USA
18 mai 1980



0:36 I hope one realises that this is not a Sunday morning gathering for amusement or entertainment or some kind of so-called spiritual uplift. We are rather serious and we have talked mostly, during these talks and question and answer meetings, of the whole complex problem of living. And together, with the speaker, we are trying to resolve all our problems. Not only the problem of fear, greed, attachment, and the question which we talked about yesterday also that love is not desire. Love is not the continuous expression of love, of pleasure. J'espère que l'on se rend compte que cette réunion de dimanche matin n'est pas un amusement ou un divertissement, ni une sorte de soi-disant renaissance spirituelle. Nous sommes plutôt sérieux, et avons surtout parlé durant ces entretiens et ces séances de questions-réponses du problème complexe de la vie dans sa totalité. Et ensemble, avec l'orateur, nous essayons de résoudre tous nos problèmes. Pas seulement le problème de la peur, de l'avidité et de l'attachement, mais aussi, la question dont nous avons parlé hier, à savoir que l'amour n'est pas le désir. L'amour n'est pas l'expression d'un plaisir permanent.
2:33 And we would like this morning - as this is the last talk - to go into the question of what is action, what is the significance of death and also a much abused word, meditation. Because this concerns most of our life. We are not trying to prove anything, convert you to a new set of beliefs or ideals, doing any kind of propaganda. The speaker particularly has a horror of all that. But together, with the speaker, if you will and if you are serious, go into all these questions. Et nous voudrions ce matin, comme c'est le dernier entretien, explorer la question de savoir ce qu'est l'action, de la signification de la mort, et aussi ce qu'est la méditation, un mot très galvaudé. Parce que cela concerne l'essentiel de notre vie. Nous n'essayons pas de prouver quoi que ce soit, ni de vous convertir à un nouvel ensemble de croyances ou d'idéaux, ni de nous livrer à une quelconque propagande. L'orateur a tout cela en horreur. Mais ensemble, avec l'orateur, si vous le voulez et si vous êtes sérieux, nous allons explorer toutes ces questions.
4:01 Though probably most of you have been here during the last two weeks we now will have to go and consider what is action. Because most of our life is action: all our relationship is action, our attitudes, our behaviour, our particular idiosyncratic expression, our restraints, our freedom to express what we like or don't like. We are violent, aggressive, obeying, believing and so on. All that is action. Not just going to the office every day for the next fifty years - I don't know how you tolerate it - or doing some particular job over and over and over again, for the rest of one's life. All that is also action. And these actions are based not only on past knowledge modified by the present and continued into the future. Même si, pour la plupart, vous avez probablement été présents ici ces deux dernières semaines, nous allons maintenant examiner ce qu'est l'action. Parce que l'essentiel de notre vie est action : toutes nos relations sont action, nos attitudes, notre comportement, nos particularismes personnels, notre retenue ou notre liberté d'exprimer ce que nous aimons ou n'aimons pas. Nous sommes violents, agressifs, disposés à obéir, à croire. Tout cela est action. Cela ne se limite pas à aller tous les jours au bureau pendant cinquante ans d'affilée - je ne sais pas comment vous tolérez cela - ou à effectuer un certain travail, jour après jour, pour le restant de la vie. Tout cela est aussi de l'action. Et tous ces modes d'action sont fondés sur le savoir passé modifié par le présent, et se prolongeant dans le futur.
6:13 Please, as we said, we are talking over together. We are not trying to convey or say something which is not clear. Together, you and the speaker must go into this whole question of action: try to find out if there is an action which is complete, which has no regrets, which has no sense of incomplete partial action and therefore that action breeds conflict, such actions are divisive, and so on. Je vous en prie, comme nous l'avons dit, nous discutons ensemble. Nous n'essayons pas de communiquer ou de dire quelque chose qui ne soit pas clair. Ensemble, vous et l'orateur, devons explorer cette question de l'action, tachant de découvrir s'il existe une action complète, ne comportant ni regrets, ni le sentiment d'une action partielle, non aboutie, et par conséquent source de conflit, de division, et ainsi de suite.
7:24 So what we are going this morning if you are at all serious, on a lovely day if you want to go into this as we have gone into the other problems of life. We are dealing with life that is we are dealing with everyday living: our conflicts, our confusion, our jealousies, our aggression, our attachments, our beliefs, our constant struggle with pain and sorrow. That's our life. And to escape from that turmoil we go into various kinds of philosophies, psychoanalytical issues, hoping to solve our own daily conflicts and miseries and confusions. We apparently never face those. We have very carefully cultivated various forms of escapes, a whole network, both religious, sensational, vulgar and so on. Voilà donc ce que nous allons faire ce matin, par cette belle journée, si vous êtes sérieux, et désireux d'explorer cela, comme nous l'avons fait des les autres problèmes de la vie. Nous traitons de la vie, c'est-à-dire de notre vie quotidienne : nos conflits, notre confusion, nos jalousies, notre agressivité, nos attachements, nos croyances, notre lutte incessante contre la douleur et la souffrance. Telle est notre vie. Et pour fuir ce tourment, nous nous tournons vers diverses philosophies et sujets psychanalytiques, dans l'espoir de résoudre au quotidien nos conflits, malheurs et confusions. Apparemment, nous ne les affrontons jamais. Nous avons très soigneusement cultivé diverses formes de fuites, tout un réseau, religieux, sensasionnel, vulgaire, etc.
9:17 So this morning, as on the previous mornings, we are going to consider together - the speaker is not telling you what action is - together we are going to understand the nature of action and whether there is an action which is so complete, whole, that it leaves no mark on our daily life so as to bring about conflict. What is action, the doing? For most of us it is based on accumulated knowledge, experience and from that, act. Right? We are following, I hope. That is, through many years, study, practise and acquire a great deal of knowledge and act from that, either skilfully or not. That's what we are doing all the time. A carpenter, a scientist, or astrophysicist are the same in their movement, in their acquisition of knowledge and adding more knowledge, modifying it, changing it, but the basis is acquiring knowledge and acting from that knowledge. The other thing is to act and then learn from that action. Do something that pleases you immediately, learn from that, acquire knowledge in doing. So both are the same. I hope we understand this. That is, the acquisition of knowledge either by study, gradually learning, through experience and from that knowledge act. The other is: act, and through action learn and therefore acquire more knowledge. So both are the same. You understand? So our action is based on knowledge and on a great deal of information and from that, skill. Right? And as we were saying, knowledge is always incomplete. I think, one must very clearly understand this. There can never be complete knowledge. Either with the astrophysicists, scientists, painters, music, piano players, the carpenter, the plumber, there can never, never be complete knowledge. And so knowledge goes always with ignorance. So our action, when based on knowledge, must be incomplete. One must see this very clearly. Donc ce matin, comme pour les matins précédents, nous allons considérer ensemble - l'orateur ne vous dit pas ce qu'est l'action - nous allons comprendre ensemble la nature de l'action, et s'il existe une action si complète, si totale, qu'elle ne laisse aucune cicatrice dans notre vie quotidienne qui soit de nature à engendrer le conflit. Qu'est-ce que l'action, le faire? Pour la plupart d'entre nous elle est fondée sur le savoir accumulé, sur l'expérience et de là, l'action. Bien? J'espère que nous suivons. Autrement dit, passer des années à étudier, à s'exercer et acquérir beaucoup de savoir, et à partir de là, agir avec compétence ou pas. C'est ce que nous faisons tout le temps. Un charpentier, un scientifique, un astrophysicien ont la même démarche qui consiste à acquérir du savoir, à enrichir ce savoir en le modifiant, en le changeant, mais la base est d'acquérir du savoir, et d'agir à partir de ce savoir. L'alternative étant d'agir, puis d'apprendre de cette action. De faire immédiatement la chose qui vous plaît, d'apprendre de cela, d'acquérir du savoir en agissant. Les deux sont donc semblables. J'espère que nous saisissons tous cela. Ainsi, l'acquisition du savoir se fait soit par l'étude en apprenant progressivement par l'expérience et en agissant sur la base de ce savoir, soit en agissant à travers l'action et acquérant ainsi plus de savoir. Les deux choses sont semblables. Vous comprenez? Notre action se fonde donc sur le savoir et sur une grande quantité d'informations, d'où résulte la compétence. N'est-ce pas? Et comme nous l'avons dit, le savoir est toujours incomplet. Je pense qu'il faut le comprendre très clairement. Le savoir ne peut jamais être complet. Que l'on soit astrophysicien, scientifique, peintre, musicien, pianiste, charpentier ou plombier, le savoir ne peut jamais, jamais être complet. Et ainsi, le savoir va toujours de pair avec l'ignorance. Donc quand notre action repose sur le savoir, elle est forcément incomplète. Il faut voir cela très clairement.
14:08 And in daily life, in our relationship with each other whether intimate or not, action is based on previous memories, images that we have built about each other, and act from that. Please see all this clearly. Because the next question will be rather difficult if you don't understand this question carefully. Which is, action based on knowledge, on image in our relationship with each other must be divisive: that is dividing, conflicting, partial. And in this relationship with each other either there are no images at all and therefore actual relationship, or, if there is an image, that image is the outcome of knowledge and acting from that image. So our relationship, intimate or otherwise, is partial, fragmented, broken up. And so there can never be in that relationship love. Love is not a remembrance, Father's Day, Mother's Day, and all that business. That's a commercial business. Et, dans la vie quotidienne, dans nos relations mutuelles, intimes ou pas, l'action se fonde sur des souvenirs antérieurs, des images que nous nous sommes faites l'un de l'autre et d'où nous agissons. Voyez tout cela clairement, je vous prie. Parce que la question qui suit risque d'être plutôt difficile si vous ne comprenez pas vraiment ce point. A savoir que l'action fondée sur le savoir, sur l'image, dans nos relations mutuelles, ne peut qu'engendrer division, conflit, partialité. Et dans cette relation mutuelle, ou bien il n'y a pas d'images du tout, auquel cas la relation est réelle, ou s'il y a une image, celle-ci est le produit du savoir et l'action découle de cette image. Notre relation, intime ou autre, est alors partielle, fragmentée, cahotique. Et donc l'amour ne peut jamais exister dans cette relation. L'amour n'est pas un souvenir, comme la Fête des Pères, des Mères et toute cette affaire. C'est bien une affaire commerciale.
16:20 So is there an action which is not born out of time? I am going to explain this carefully. Acquiring knowledge in any field requires time. To get to know each other requires time. If they are more intimate, that also requires time. So all our action is the outcome of knowledge and time. Right? Time being not only by the watch by the sunrise and the sunset, but also psychologically. That is, 'I am, I shall be'. 'I have not, but I will have'. Or 'I am greedy, angry, violent but time will help me to resolve it'. So our mind is put together by thought and time and knowledge. So our action is born out of that. If you examine it very carefully, all our action is based on that. And therefore knowledge being incomplete, thought being incomplete, there must be strife between two people, whether it's man, woman, and so on, man and man, the whole business of relationship. And if one understands this, or intellectually is aware of it... To be intellectually aware of it is partial, because that is only a part of our life. To be emotionally aware of it is also partial. But to be aware of it completely, the whole implication of that. Right? Are we following each other, I hope? Alors, existe-t-il une action qui ne soit pas issue du temps? Je vais l'expliquer soigneusement. L'acquisition du savoir, dans n'importe quel domaine, demande du temps. Il faut du temps pour se connaître mutuellement, d'autant plus pour une relation intime. Toute notre action résulte donc du savoir et du temps. N'est-ce pas? Non seulement le temps de l'horloge, du lever et du coucher du soleil, mais aussi le temps psychologique. C'est-à-dire : 'je suis, je serai'. 'Je n'ai pas, mais j'aurai'. Ou, 'je suis avide, coléreux, violent, mais le temps m'aidera à résoudre cela'. Ainsi, notre esprit est une construction de la pensée, du temps et du savoir. Donc notre action est la résultante de cela. Si vous l'examinez attentivement, toute notre action repose là-dessus. Et donc, puisque le savoir est incomplet, que la pensée est incomplète, le conflit est inévitable entre deux personnes, que ce soit entre l'homme et la femme, ou entre l'homme et l'homme, - toute l'histoire de la relation. Comprendre cela ou en être conscient intellectuellement... La prise de conscience intellectuelle est partielle, car l'intellect n'est qu'une part de notre vie. La prise de conscience émotionnelle est tout aussi partielle. Il s'agit donc d'en être complètement conscient, avec tout ce que cela implique. N'est-ce pas? Nous avançons ensemble, je l'espère? Vient alors la question suivante : y a-t-il une action
19:17 So then the next question is: is there an action - go carefully, please - is there an action which is not the outcome of knowledge? You are following? That is a question: we are not saying there is, or there is not. To acquire language, technology, to be skilled in technology in computers and so on, you must have skill based on knowledge. There it is necessary. Right? We are asking something entirely different, which is: we act psychologically out of knowledge. I have known you for some years, I have built an image about you and from that knowledge I act with regard to you. Right? We are enquiring into the psychological memory from which action takes place. Right? We are following each other? Please, we are going into something very very subtle and difficult, if you don't, I can't help it. It is very simple if you apply your mind to it. If you listen to it carefully, not only to what the speaker is saying but also listen to your own mind working. If you are not asleep, or taking a sun bath here, or eating some kind of food. You have to give some kind of attention to this. - doucement, je vous prie - y a-t-il une action qui ne résulte pas du savoir? Vous suivez? C'est une question; nous n'y répondons ni par oui, ni par non. Pour apprendre une langue, une technique, pour devenir techniquement compétent en informatique, etc., il faut une compétence basée sur le savoir. Là, c'est nécessaire. N'est-ce pas? Ce que nous demandons est très différent : nous agissons psychologiquement à partir du savoir. Je vous connais depuis quelques années, j'ai construit une image de vous et j'agis avec vous sur la base de ce savoir. N'est-ce pas? Notre recherche porte sur la mémoire psychologique, d'où surgit l'action. N'est-ce pas? Avançons-nous ensemle? Je vous en prie, nous explorons quelque chose de très, très subtil et difficile, et si vous ne suivez pas, je n'y peux rien. C'est très simple si vous vous y appliquez. Si vous écoutez attentivement, non seulement ce que dit l'orateur, mais aussi ce qui se passe dans votre propre esprit. A moins que vous ne préfériez dormir, prendre un bain de soleil ou vous restaurer. Vous devez donner un peu d'attention à cela. Psychologiquement, nous avons échaffaudé tout un savoir
21:24 Psychologically we have built a great deal of knowledge from which we are acting. That is, our knowledge is self-centred. Right? 'I want, I don't want, I am greedy, I must fulfil, there must be sex' and so on and so on. So psychologically we have built an image about ourselves and others. That image, that symbol, that word is the knowledge. Right? So this self-centred knowledge from which we act, is essentially selfish. Right? And when action takes place from the self-centred state such action must be either harmful, hurting, violent, isolating. Right? I don't know if you have not noticed, if you have studied your own life, that most of us are so egotistic, so rooted in our self-centred vanity, that we build a wall around ourselves. Right? If I am aggressive, I have already built a wall round myself and, in that state, I want to act. Right? See all this, sir, in yourself. You are actually observing yourself - if you will - in the mirror which the speaker is presenting. It is your mirror, not my mirror. That we, as human beings, right throughout the world, move, act, from this centre. Right? And as long as we act from this centre there must be conflict. And as we pointed out from the beginning of these talks our concern is to eliminate conflict not only national, economic, social conflict, wars, the conflict between various religions, various doctrines, beliefs, superstitions, rituals which are part of superstition. As long as there is this divisive element in the mind there must be conflict. And this divisive element exists as long as our action is self-centred. Right? And this self-centred state is the accumulation of knowledge and experience stored in the brain and in that state there is this constant pursual of the 'me' and my expression. Right? à partir duquel nous agissons. Autrement dit, notre savoir est égocentrique. N'est-ce pas? 'Je veux, je ne veux pas, je suis avide, je dois m'accomplir, la sexualité m'est nécessaire', etc., etc. C'est ainsi que, psychologiquement, nous avons construit une image de nous-mêmes et des autres. Cette image, ce symbole, ce mot constitue le savoir. N'est-ce pas? Donc, ce savoir egocentrique à partir duquel nous agissons, est essentiellement égoïste. N'est-ce pas? Et quand l'action provient d'un état égocentrique, une telle action ne peut qu'être nuisible, blessante, violente, cause d'isolement. N'est-ce pas? Je ne sais si vous avez remarqué, si vous avez étudié votre propre vie, que, pour la plupart, nous sommes si égotistes si enracinés dans notre vanité égocentrique que nous construisons un mur autour de nous. N'est-ce pas? Si je suis agressif, j'ai déja construit ce mur autour de moi, et à partir de cet état, je veux agir. N'est-ce pas? Voyez tout cela en vous, Monsieur. Vous êtes réellement en train de vous observer, si vous le voulez, dans le miroir que l'orateur vous présente. C'est votre miroir, pas mon miroir. Ainsi, nous autres, êtres humains, partout dans le monde, bougeons, agissons à partir de ce centre. N'est-ce pas? Et tant que nous agissons à partir de ce centre, il y a forcément conflit. Comme nous l'avons souligné depuis le début de ces entretiens, notre préoccupation est d'éliminer le conflit, qu'il soit national, économique, social, les guerres, les conflits entre religions, doctrines, croyances, superstitions et rituels qui font partie de la superstition. Tant qu'existe cet élément de division dans l'esprit il y a inévitablement conflit. Et cet élément facteur de division existe tant que notre action est égocentrique. N'est-ce pas? Et cet état égocentrique est l'accumulation du savoir et de l'expérience emmagasinés dans le cerveau, et dans cet état, il y a cette quête constante de 'moi et mon expression'. N'est-ce pas? D'où la question suivante :
26:08 So our next question is: is it possible to act, to live without this self-centre? Therefore it is a very serious question, it isn't a Sunday morning evangelistic nonsense, it is something that we have to go into very, very carefully. Because human beings from the very beginning of time have lived with conflict. And we are still living in that state after millions and millions of years. Therefore there is something radically wrong: in spite of all the philosophies, religions, beliefs, we are still animalistic, we still have this terrible destructive centre from which we act. I hope we are not merely listening to a lot of words but you are observing your own mind, aware of your own mind working, looking, asking. Asking if there is a totally different way of living. Not be caught in the same pattern of a million years. Right? Please put this question to yourself most seriously because we are destroying ourselves, we are destroying the earth, the air, and we are destroying human beings. est-il possible d'agir, de vivre sans cet égocentrisme? Il s'agit donc d'une question très sérieuse, pas d'un délire évangéliste dominical, c'est une chose qu'il nous faut explorer avec très grand soin. Parce que les êtres humains, depuis l'aube des temps, ont vécu dans le conflit. Et nous vivons toujours dans cet état après des millions et des millions d'années. Il y a donc quelque chose de radicalement faussé : en dépit de toutes les philosophies, religions, croyances, nous sommes encore dans l'animalité, nous avons encore ce centre terriblement destructeur d'où nous agissons. J'espère que nous ne nous bornons pas à écouter un tas de mots et que vous observez votre esprit en étant conscient de votre propre esprit travaillant, regardant, questionnant, demandant s'il existe une tout autre façon de vivre sans être captif du même schéma vieux d'un million d'années. N'est-ce pas? Veuillez vous poser cette question avec le plus grand sérieux, parce que nous nous détruisons, nous détruisons la terre, l'air et nous détruisons les êtres humains. Notre responsabilité est donc énorme.
28:38 So our responsibility is tremendous. I am using that word 'responsibility' without any sense of guilt. If you feel responsible you act. But if you don't act don't feel guilty. You are simply not responsible. J'utilise ce mot 'responsabilité' sans connotation de culpabilité. Si vous vous sentez responsable, vous agissez. Mais si vous n'agissez pas, vous ne vous sentez pas coupable. Vous n'êtes simplement pas responsable. Qu'est-ce donc que ce centre?
29:13 So what is this centre? Right? How has it come into being? And as we said, we would talk about death also. When death takes place the centre of this action ends. You follow what I'm saying? I'll explain, I'll go into it carefully. First, we are asking: can the centre come to an end and yet live in this life, not go off into some monastery, identifying with some ideology, or utopia and say, 'I have lost the centre' which would be nonsense. Because you have merely identified the centre with something else. Right? I don't know if you see that. That is, this egotistic activity with its pleasures, fears, anxieties and so on, that centre, that ego, believes in something and identifies in something, in the image, in a doctrine and so on or takes a new name but that centre still remains. You are following this? Good! N'est-ce pas? Comment est-il apparu? Et nous avons dit que nous parlerions aussi de la mort. Quand la mort survient, le centre de cette action prend fin. Vous suivez ce que je dis? Je vais l'expliquer, l'explorer avec soin. D'abord, nous demandons : ce centre peut-il prendre fin tout en menant cette vie, sans se rendre dans un monastère, sans s'identifier à une utopie ou idéologie quelconque, et dire 'je n'ai plus de centre', ce qui serait absurde. Parce que vous n'avez fait qu'identifier le centre à autre chose. N'est-ce pas? Je ne sais si vous voyez cela. Autrement dit, cette activité egotiste, avec ses plaisirs, peurs, anxiétés, etc., ce centre, cet ego croit à quelque chose et s'identifie à ce quelque chose, à une image, à une doctrine et ainsi de suite; il peut changer de nom, mais le centre est toujours là. Vous suivez cela? Bien ! D'où notre question : peut-on mourir à cela
31:08 So our question is: is it possible to die to that and yet be alive, active, work, carry on? Which is to carry on without conflict. You follow? So we must enquire, what is this centre to which the mind, the brain, the form, the name cling to? You understand? I don't know if you are following all this? We are asking: what is the nature and structure of the self? Right? What are you? You can only find out if you don't assume anything. Right? If you say, 'Well, I must be what I am' then you are not finding out what you are. Or' I believe I am some spiritual entity', again you can't find out. Or if you approach with your prejudice, you can't. So in enquiring into this you must be free to observe. Because observation is not analysis. You must understand also this carefully. Our whole mind and brain is trained to analyse. That has been our pattern of life. And when one sees that pattern of living has not brought about the ending of conflict you must enquire in other directions. Right? The other direction is observation. Observation without direction, which means no analysis. Sorry if there are other analysts here, forgive me! If you don't agree it is all right but go into it with me, with the speaker. et cependant vivre, être actif, travailler, aller de l'avant? C'est-à-dire, aller de l'avant sans créer de conflit. Vous suivez? Il faut donc se demander ce qu'est ce centre auquel l'esprit, le cerveau, la forme, le nom se cramponnent? Vous comprenez? Je ne sais si vous suivez tout cela? Nous demandons : quelle est la nature et la structure du moi? N'est-ce pas? Qu'êtes-vous? On ne peut le découvrir qu'en absence de toute présomption. N'est-ce pas? Si l'on dit, 'et bien, je suis ce que je suis', on ne peut alors découvrir ce que l'on est. Ou, 'Je crois être une entité spirituelle', là encore, on ne peut le découvrir. Ou si son approche comporte un préjugé, c'est impossible. Donc pour explorer cela, il faut être libre d'observer. Sachant que l'observation n'est pas l'analyse. Il vous faut aussi bien comprendre cela. Notre esprit et notre cerveau sont entièrement formés à l'analyse. Tel a été notre schéma de vie. Et quand on voit que vivre selon ce schéma n'a pas mis fin au conflit, il faut regarder dans d'autres directions. N'est-ce pas? L'autre direction, c'est l'observation. L'observation sans direction, ce qui veut dire, pas d'analyse. Désolé s'il y a des analystes ici, qu'ils me pardonnent ! Si vous n'êtes pas d'accord, pas de problème, mais accompagnez-moi, l'orateur. Lorsque vous observez,
34:05 When you observe, when thought interferes with that observation, you are giving it a direction, from your memory, from your motive, from your desire. Right? Then there is no observation. Your desire, your motive, your pleasure directs the observation. Right? So to observe actually what you are, one must approach it freely. And that's our difficulty because our minds are conditioned. And being conditioned, our approach is always limited. Right? So can you, sitting there this morning, talking this over together, be free of that? Free of your prejudice, of your analysis, of your aggression in your analysis, all that. Just to observe, as you observe your face in the mirror when you comb or shave your face. Right? quand la pensée intervient dans cette observation, vous l'orientez dans un certain sens en fonction de votre mémoire, motif, désir. N'est-ce pas? Il n'y a alors pas d'observation. Votre désir, votre motif, votre plaisir dirigent l'observation. N'est-ce pas? Ainsi, pour observer effectivement ce que vous êtes, votre approche doit être libre. Et c'est là notre difficulté, parce que nos esprits sont conditionnés. Et du fait de ce conditionnement, notre approche est toujours limitée. N'est-ce pas? Alors, assis ici ce matin, parlant ensemble, pouvez-vous être libre de cela? Libre de vos préjugés, de votre analyse, de l'agressivité que comporte votre analyse, de tout cela. Simplement observer, comme on observe son visage dans un miroir quand on se coiffe, quand on se rase. N'est-ce pas? Dès lors, qu'est-ce que ce 'je', cet ego, ce 'moi'
35:54 Then what is this 'I', this ego, this self that we give such tremendous importance? Because one has to find that out: if that is something actual, - not an illusion, you understand? - something that you can touch, feel, look, and not some illusion that one has created. Then one has to find out what is the nature of this 'me'. Because we are going to discuss together not only what we have talked over in the past, but also what death is. Please, it is related. Surely the 'me' is put together through education, through comparison, through so-called culture, so-called idea of individuality, all that is the movement of thought, which has created the 'me'. You understand? Which is so; the 'me' that is aggressive, the 'me' that strongly believes in some fantastic idea, that is romantic, that is terribly lonely, and escaping from that loneliness into all kinds of idiotic nonsense. So all that is 'me', put there by thought. Right? When you say, 'soul' and all that business, it is still thought. And we are saying: from that, action takes place, right? auquel nous donnons une si formidable importance? Car on doit découvrir si c'est quelque chose de réel - pas une illusion, vous comprenez? - une chose que l'on peut toucher, ressentir, regarder, et pas une sorte d'illusion qu'on a créée. Il faut alors découvrir quelle est la nature de ce 'moi'. Parce que nous allons discuter aujourdhui non seulement de ce dont nous avons parlé auparavant, mais encore de ce qu'est la mort. Tout cela est lié. A coup sûr, le 'moi' s'est construit par l'éducation, la comparaison, la soi-disant culture, la prétendue idée d'individualité; tout cela est le mouvement de la pensée qui a créé le 'moi'. Vous comprenez? C'est bel et bien ainsi; le 'moi' qui est agressif, le'moi' qui croit fermement à quelqu'idée grotesque, qui est romantique, terriblement esseulé, et fuyant cette solitude à travers toutes sortes d'idioties. Ainsi, tout cela est ce 'moi', élaboré par la pensée. N'est-ce pas? Quand vous parlez 'd'âme' et de toute cette affaire, c'est encore la pensée. Et nous disons : c'est de cela qu'émane l'action, n'est-ce pas? Existe-t-il une action qui ne soit pas égocentrique?
38:47 Is there an action which is not self-centred? Right? To put it very simply. Which is not egotistically motivated, directed. Because that has brought havoc in the world. Right? Not only in personal relationship but with our neighbours whether they are near or far. Now can this self-centred existence come to an end? And yet be alive in this world, act, think, feel? That is, psychologically we have built a great deal of knowledge about us. Can one die to all that psychological knowledge? Right? And is that death? You are following this? N'est-ce pas? Pour l'exprimer très simplement. Qui n'est pas motivée, orientée de manière égoïste. Parce que cela a fait des ravages dans le monde. N'est-ce pas? Pas seulement dans nos relations personnelles, mais avec nos voisins, proches ou éloignés. Alors, ce mode d'existence égocentrique peut-il prendre fin, alors qu'on est vivant, actif, pensant, sensible dans ce monde? Autrement dit, nous avons bâti psychologiquement, un grand savoir à notre sujet. Peut-on mourir à tout ce savoir psychologique? N'est-ce pas? Et, est-ce cela la mort? Vous suivez? Vous savez, nous avons si peur de la mort.
40:12 You know we are so afraid of death. We have never enquired into a mind that not only has no fear - which we talked about the other day - but also: what is death. Right? You see, our mind clings to a continuity. Right? In continuity there is security: 'I was, I am, I will be'. That concept, that idea, gives tremendous strength. Right? I feel secure, safe. And death denies all that. Right? My security, my attachment to all the things I have held together. And we are afraid of that. That is, to enter into something unknown. Right? Because we have always lived with the known. You are following all this? Please do, it is your life: your calamity, your miseries, your depressions, your loneliness, it is your life. You have to face it one day or the other. That is if you want to understand and live differently without one single problem, without a shadow of conflict, with a great deal of affection and love. That is if you want to do it. But if you don't, you carry on, continue in the old pattern, bringing a great deal of misery to yourself and to others, war and all the misery that goes on in the world. It's up to you. Nous n'avons jamais ni cherché à comprendre un esprit qui n'a pas peur - ce dont nous avons parlé l'autre jour - ni étudié ce qu'est la mort. N'est-ce pas? Voyez-vous, nos esprits s'accrochent à une continuité. N'est-ce pas? Il y a une sécurité dans la continuité : 'j'étais, je suis, je serai'. Ce concept, cette idée procure une force énorme. N'est-ce pas? Je me sens en sécurité, à l'abri. Et la mort est la négation de tout cela. N'est-ce pas? Ma sécurité, mon attachement à tout ce que j'ai rassemblé. Et nous avons peur de perdre cela. C'est-à-dire de pénétrer quelque chose d'inconnu. N'est-ce pas? Parce que nous avons toujours vécu avec le connu. Vous suivez tout cela? Suivez, je vous prie, c'est votre vie : votre accablement, vos malheurs, vos dépressions, votre solitude, c'est votre vie. Tôt ou tard vous devrez l'affronter. Du moins si vous voulez comprendre et vivre différemment, sans le moindre problème, sans l'ombre d'un conflit, avec beaucoup d'affection et d'amour. Du moins si c'est ce que vous voulez. Mais sinon, continuez comme vous le faites, maintenez le vieux schéma, amenant beaucoup de malheur, aux autres et à vous-même, la guerre et tout le malheur qui a lieu dans le monde. Cela dépend de vous. Donc notre vie, notre vie quotidienne, telle que nous la connaissons,
43:14 So our living, our daily living, as we know it, as we are aware of it, is a series of continuous constant struggle, conflict with each other, however intimate you are, confusion about all this: one politician says that the other says the other, one economist, highly placed, denies the other economist, one scientist... you know the game that goes on. This is constant struggle with each other, within ourselves. That's our living. Right? That's an actuality, not a theory, not something that somebody has imposed upon you, you are that! telle que nous en sommes conscients, est une succession de luttes incessantes, de conflits entre personnes, si intimes soient-elles, tout cela, dans un climat de confusion : un politicien disant une chose et un autre son contraire, un économiste éminent contredisant un autre économiste, un scientifique... vous connaissez la chanson. Cette lutte constante les uns contre les autres et en nous-mêmes. Telle est notre vie. N'est-ce pas? C'est une réalité, pas une théorie, ni une chose imposée par un autre, vous êtes cela ! Est-ce donc cela qui nous fait peur : tout perdre?
44:30 So is that what we are frightened of: losing all that? You understand what I am saying? Let me take perhaps a good example, which is attachment - sorry to repeat it again, those who have heard it. One sees the nature and the structure of attachment, the consequences of that attachment: pain, jealousy, anxiety, hatred, pleasure and a thin line, a film of love, so-called. Going to the office, or to the factory, being a secretary taking some shorthand, you follow, day after day, constantly, for the next fifty years. What a tragic way you live! Or you escape from all that into some other idiocy. There too is the conflict, there too is this aggression, pleasure, in a different form, but the same pattern is repeated. And this is what we call living. Vous comprenez ce que je dis? Permettez que je prenne peut-être un bon exemple, à savoir l'attachement - désolé de le répéter pour ceux qui l'ont déja entendu. On voit la nature et la structure de l'attachement, les conséquences de cet attachement : la douleur, la jalousie l'anxiété, la haine, le plaisir, ainsi qu'une fine couche, un vernis de soi-disant amour. Aller à l'usine ou au bureau, être secrétaire sténodactylo, vous suivez, jour après jour, sans interruption pendant cinquante ans. Quelle manière tragique de vivre ! Ou vous fuyez tout cela vers une autre idiotie. Avec, là encore, le conflit, l'agressivité, le plaisir, et vous répétez le même schéma sous une autre forme. Et c'est ce qu'on appelle vivre. Et il y a tous ces prêcheurs, ces prêtres,
46:19 And there are all those preachers, priests, so-called religious authorities - hierarchy - they say, 'You can't have heaven here, it is up there. You must have faith' Right? To understand it, to escape from it, you must have faith. I wonder if you have noticed that religions are based on books. Right? Here Christianity is the Bible. Right? And the Islamic world is the Koran. In the Buddhist and the Hindu world there are many, many books. There is no one book that says, 'Do this'. So those religions which are based on books deny doubt. Go into it with me. Right? If you doubt, the whole religious structure comes to an end in the Western world and it does also in the Buddhist world, and the Hindu world. So faith has taken the place of doubt. I do not know if you have gone into this question of doubt. What an extraordinary cleansing effect it has on the mind! Of course, if you doubt everything you end up in a lunatic asylum! But one must know when to doubt. That means you must know when to let... When you have a dog, you know when to have it on the leash but you let it go when necessary, when you want it to be free, you can't keep it all the time on the leash, poor dog! So doubt must be held on the leash, and sometimes let go. Which means you start with uncertainty - you understand? - not with certainty - please follow this! Books give you certainty. Right? The Bible, this and the other. You have to believe in that. So it starts with certainty and you begin to examine, it ends up in uncertainty. Whereas if you start with uncertainty you may end up with something beyond certainty, beyond everything else. Now we are going to go into that presently. les autorités soi-disant religieuses, la hiérarchie, qui disent : 'le paradis n'est pas ici-bas, il est là haut. Il faut avoir la foi.' N'est-ce pas? Pour comprendre, pour éviter tout cela, il faut avoir la foi. Je me demande si vous avez remarqué que les religions se fondent sur des livres. N'est-ce pas? Ici, dans la chrétienté, c'est la Bible. N'est-ce pas? Et dans le monde islamique, c'est le Coran. Dans le monde bouddhiste et hindou, il y a de très nombreux livres. Il n'y a pas de livre unique avec ses commandements. Ainsi, ces religions fondées sur les livres refusent le doute. Explorez cela avec moi. N'est-ce-pas? Si vous doutez, c'en est fini de toute la structure religieuse dans le monde occidental, comme d'ailleurs dans le monde bouddhiste et hindou. La foi a donc remplacé le doute. Je ne sais si vous avez exploré cette question du doute. L'extraordinaire effet nettoyant qu'il a sur l'esprit ! Bien sûr, si vous doutez de tout, vous finissez dans un asile psychiatrique ! Mais il faut savoir quand douter. C'est-à-dire : si vous avez un chien, vous savez quand il faut le tenir en laisse et quand il faut le détacher, pour lui donner un peu de liberté; on ne peut tout le temps le tenir en laisse, pauvre chien ! De même, il faut tenir le doute en laisse et parfois le détacher. Ce qui veut dire commencer avec l'incertitude - vous comprenez? - pas avec la certitude - suivez cela, je vous prie ! Les livres vous donnent une certitude. N'est-ce pas? La Bible, celui-là ou un autre. Vous devez y croire. Cela démarre donc dans la certitude, puis l'on commence à examiner, et cela finit dans l'incertude. Tandis que si l'on démarre dans l'incertitude on peut aboutir à quelque chose au-delà de la certitude, au-delà de tout le reste. Nous allons examiner cela présentement. Alors, pouvons-nous, dans notre vie intime ou autre,
50:09 So can we, in living, intimately or not, be free of attachment immediately, which is death! You understand what I am saying? Do you understand? Death will not argue with you. Death, you won't say, you won't tell: 'Then give me some more time, please wait'. But if you know what death is, which is the ending. Right? The ending while you are living; the ending of attachment. You follow now? Which is what death is going to say to you: 'You must leave everything behind you'. But such an ending is frightening. Right? So you believe in reincarnation, you want hope and all the rest of it; or in heaven, resurrected and all that. Now, while we are living can you end something? Not smoking and all that silly stuff but much more deeply, psychologically: end to your greed, end to your aggression, end to your dogmatic beliefs and experiences, you follow, end it. When you end something there is a totally new beginning. Right? I wonder if you see this. But when you end it through analysis, through will, you are not ending it. Right? This is difficult. All right, I'll explain it. nous libérer de l'attachement, immédiatement, ce qui est la mort ! Vous comprenez ce que je dis? Vous comprenez? On ne discute pas avec la mort. Vous ne pouvez dire à la mort : 'Laissez-moi un peu de temps, attendez s'il vous plaît'. Mais vous savez ce qu'est la mort, c'est la fin - n'est-ce pas? - finir tandis que l'on vit, mettre fin à l'attachement. Vous suivez maintenant? C'est ce que la mort va vous dire : 'Vous devez tout laisser derrière vous'. Mais une telle fin est effrayante. N'est-ce pas? Alors vous croyez en la réincarnation - un espoir et tout le reste - ou au ciel, en la résurrection, etc. Maintenant, pendant que vous vivez, pouvez-vous mettre fin à quelque chose? Pas au tabac ni à toutes ces sottises, mais bien plus profondément, psychologiquement : mettre fin à votre avidité, à votre agressivité, à vos croyances dogmatiques et expériences, vous suivez, y mettre fin. La fin de quelque chose donne lieu à un tout nouveau commencement. Bien? Je me demande si vous le voyez. Mais y mettre fin au moyen de l'analyse, de la volonté n'est pas y mettre fin. N'est-ce pas? C'est difficile. Bien, je vais l'expliquer. S'il y a un motif à vouloir mettre fin,
52:48 If there is a motive for ending then that motive is put together by thought, by desire, and when you analyse and therefore end it it is still the process of thought - right? - which continues in other forms but you have ended it in a particular direction. Right? Have you understood this? Right. alors ce motif est érigé par la pensée, le désir, et quand vous passez par l'analyse pour y mettre fin, c'est encore le processus de la pensée - n'est-ce pas? - qui continue sous d'autres formes, mais vous y avez mis fin dans une direction déterminée. N'est-ce pas? L'avez-vous compris? Bien. Nous disons donc d'observer sans direction
53:28 So we are saying, observe without direction attachment, or aggression, or your violence. Observe it without any motive, direction, desire, just to observe it and in that very observation there is an ending of it. And therefore you are inviting death while living. You follow? I wonder if you understand this? Not commit suicide, that's another thing. But the mind that lives in conflict, pain, suffering, without any sense of affection, love, because it is self-centred and one of the many facets of this self-centre is this aggression, competition, greed, end one of those, or many of those, immediately, easily. Then you are living quite a different kind of life in this world. l'attachement, l'agressivité ou votre violence. L'observer sans aucun motif, aucune direction, aucun désir, l'observer, c'est tout, et cette observation met fin d'elle-même à la chose. Et vous invitez donc la mort de votre vivant. Vous suivez? Je me demande si vous le comprenez? Ce n'est pas se suicider, cela, c'est autre chose. Mais l'esprit vivant dans le conflit, la peur, la souffrance, sans aucun sentiment d'affection, d'amour, parce qu'il est égocentrique - et qu'une des nombreuses facettes de cet égocentrisme est l'agréssivité, la compétition, l'avidité - [peut] mettre fin à un ou à plusieurs de ces facteurs, instantanément, facilement. Vous vivez alors une vie d'un genre bien différent dans ce monde. La mort est alors présente pendant que l'on vit. Vous comprenez?
55:01 So, death is while living. You understand? Do you understand this? Not at the end of life when you are old, gaga and diseased, unconscious, go through all that misery, you understand? But to end the things that the mind has collected easily, with certain grace, so that there is a different quality of the mind. You understand? Such a mind has not this continuity and constancy. Comprenez-vous cela? Pas à la fin de la vie, quand vous êtes vieux, gaga, malade, inconscient, passant par tout ce malheur, vous comprenez? Mais mettre fin à toutes les choses accumulées par l'esprit avec aise, avec une certaine grâce, afin que l'esprit ait une qualité différente. Vous comprenez? Un tel esprit n'a pas cette continuité et cette ténacité. Et puis, nous devrions aussi nous entretenir, comme deux amis,
56:13 And also we ought to talk over together as two friends a very, very complex problem - our life is a complex problem unfortunately - also about religion, meditation, if there is something beyond all matter. You understand my question? d'un problème très, très complexe - notre vie est un problème complexe, malheureusement - celui de la religion, de la méditation, et voir s'il y a quelque chose au-delà de toute matière. Vous comprenez ma question? Les religions, ou plutôt l'homme s'est toujours demandé
56:58 Religions, or rather man, has always enquired if there is something more than material existence: the daily routine, the work, this loneliness, the incessant pain and sorrow. Man, from the ageless time, has asked if there is something beyond. He has always been seeking it and the priests and the minds that want to make an institution of that, the search, the asking, those have made it into a religion. Right? Made it into an organisation, an institution. So the man who is seeking is caught in that. I don't know if you see. So one has to find out if you are caught in that. Or you are enquiring - right? - not believing, not faith, but enquiry, observing, asking. Right? That is, asking if there is something more than this existence, this material welfare, whether there is something far beyond man's limited existence. Right? We are going to go into that together, not me go into it and you listen because that's very easy. When you leave you forget all this, what you have listened to, but if it is your life, your everyday concern, then it's yours. s'il y a quelque chose de plus que cette existence matérielle : la routine quotidienne, le travail, cette solitude, la douleur et la souffrance incéssantes. L'homme, depuis des temps immémoriaux, s'est demandé s'il y a quelque chose au-delà. Il a toujours été en quête de cela, et les prêtres et les esprits qui veulent institutionnaliser cela - la quête, l'interrogation - en ont fait une religion. N'est-ce pas? Ils en on fait une organisation, une institution. Et l'homme qui cherche s'y laisse prendre. Je ne sais si vous voyez. Il faut donc découvrir si l'on est pris là-dedans. Ou vous poursuivez votre recherche - n'est-ce pas? - sans croyance, sans foi, mais cherchant, observant, questionnant. N'est-ce pas? C'est-à-dire, vous vous demandez s'il y a quelque chose de plus que cette existence, ce bien-être matériel, pour savoir s'il y a quelque chose bien au-delà de l'existence limitée de l'homme. N'est-ce pas? Nous allons explorer cela ensemble, pas juste moi, et vous, vous contentant d'écouter, ce qui est très facile. Une fois parti, vous oubliez tout ce que vous avez entendu. Mais si c'est votre vie, votre souci quotidien, alors cela vous appartient. Comment vous... Non, pas comment.
59:42 How do you... Not how. In what manner do you enquire into this? You understand? Our minds, our brains, are the result of time. Right? A million years, and many more million years, it has evolved, grown, accumulated all kinds of knowledge through experience, through pain. Our brain is that. Always seeking security, both physically and psychologically. Its very essence is: 'Give me security'. Because when the brain and the mind are completely secure then there is quite a different state of mind. But unfortunately our brain and our minds and our reactions and so on have not found security either in the physical world, or in the inner world in the world of psychology, in the psyche. De quelle manière explorez-vous cette question? Vous comprenez? Nos esprits, nos cerveaux sont le produit du temps. N'est-ce pas? Pendant des millions et des millions d'années le cerveau a évolué, s'est développé, accumulant des savoirs de toutes sortes à travers l'expérience, la douleur. Voilà ce qu'est notre cerveau. Toujours en quête de sécurité, tant physiquement que psychologiquement. Son essence même est : 'donnez-moi la sécurité'. Parce que, quand le cerveau et l'esprit sont en complète sécurité, il règne alors un tout autre état d'esprit. Mais hélas, nos cerveaux, nos esprits, nos réactions et ainsi de suite, n'ont pas trouvé la sécurité tant dans le monde physique qu'intérieurement, dans le monde de la psychologie, de la psychée. Y a-t-il une sécurité?
1:01:42 Is there security? You understand? Please ask yourselves. Is there security in your relationship with another? - to bring it down to earth. Obviously not, you would like to have it. And that security means constancy - right? - a continuity. Have you that in your relationship? If you are honest, obviously not. But the mind is seeking this. If it can't find it, it invents an illusion and hopes in that illusion to have security. Right? You understand? So thought, which is part of the mind and brain, thought is seeking this constant movement of security. Right? And not finding it there, it must inevitably invent something which becomes an illusion. That also is a reality. Right? Illusion is a reality. Vous comprenez? Je vous en prie, interrogez-vous. Y a-t-il une sécurité dans votre relation à un autre? - pour être terre à terre. Evidemment pas, mais vous aimeriez l'avoir. Et cette sécurité implique une ténacité, une continuité - n'est-ce pas? Y a-t-il cela dans votre relation? Evidemment pas, si vous êtes honnêtes. Mais c'est ce que l'esprit recherche. S'il ne le trouve pas, il invente une illusion espérant le trouver dans cette illusion? N'est-ce pas? Vous comprenez? Donc la pensée, qui fait partie de l'esprit et du cerveau, recherche constamment ce mouvement de sécurité. N'est-ce pas? Et ne le trouvant pas, il lui faut inévitablement inventer quelque chose qui devient une illusion. Cela aussi est une réalité. N'est-ce pas? L'illusion est une réalité. Donc, l'esprit doit être libre dans sa quête pour comprendre
1:03:23 So the mind must be free to understand, to investigate if there is something beyond matter. Mind must be free of any kind of illusion. Right? Illusion is belief, illusion is faith, illusion is dependence. You follow? So can the mind be free of any form of illusion otherwise it can't go further? Not you, the brain can't, the mind cannot move further. That is to be aware that you have illusions, and end it, not keep in the background and try to investigate, then you are playing games. So can the mind be free of the desire to create illusions? Right? That's part of meditation, not just sitting in a place and for ten minutes be silent, morning, evening, afternoon, whenever you do it and the rest of the day be mischievous, egocentric. Right? s'il existe quelque chose au-delà de la matière. L'esprit doit être libre de toute forme d'illusion. N'est-ce pas? L'illusion est la croyance, l'illusion est la foi, l'illusion est la dépendance. Vous suivez? Donc, l'esprit peut-il être libre de toute forme d'illusion, faute de quoi il ne peut pas aller plus loin? Pas vous, le cerveau, l'esprit ne peut plus aller de l'avant. C'est être conscient que vous avez des illusions et y mettre fin, sans les garder à l'arrière-plan tout en essayant d'explorer, car alors vous vous abusez. L'esprit peut-il donc être libre du désir de créer des illusions? N'est-ce pas? Cela fait partie de la méditation, qui n'est pas de s'asseoir quelque part en silence pendant dix minutes, matin, midi et soir, peu importe, et le reste de la journée être malfaisant, égocentrique. N'est-ce pas? Ainsi les scientifiques, les astrophysiciens ne cessent de poser cette question
1:05:19 So scientists, astrophysicists, are always asking this question - if they are serious, not merely inventive and business scientists - Is there something beyond matter? You understand? Is there something beyond thought? Because thought is matter. Right? Because it is held in the brain cells, the memory, experience, knowledge held in the brain cells therefore it is still matter. And thought is matter. You are following? You may not accept it, go into it, examine it. So is there something beyond matter? How will you find out? Scientists and others, astrophysicists and so on, are looking out there. Right? Outside of themselves. Right? We are saying, when you know how to look at yourself - which is also matter - understanding yourself, looking at yourself, there, it is much more real than the other. This you can test - you understand? in your daily actions you can test it. That becomes merely a theory. I don't know if you are following all this? Are you, sir? I hope you are enjoying this sunny weather. If you are not interested in this, look at the trees, the beauty of the trees, the sun through the leaves and the distant mountains on their line, the beauty of the sky. But if you are sensitive to that then you will be sensitive to what is being said. - du moins s'ils sont sérieux et pas seulement inventifs et commerçants - de savoir s'il existe quelque chose au-delà de la matière. Y a-t-il quelque chose au-delà de la pensée? Parce que la pensée est matière. N'est-ce pas? Parce qu'elle siège dans les cellules cérébrales, dans la mémoire, l'expérience et le savoir contenus dans les cellules cérébrales; par conséquent, c'est toujours de la matière. Et la pensée est matière. Vous suivez? Vous pouvez ne pas l'admettre, mais explorez, examinez la chose. Donc, existe-t-il quelque chose au-delà de la matière? Comment allez-vous le découvrir? Les scientifiques entre autres, les astrophysiciens, etc., regardent là-bas. N'est-ce pas? A l'extérieur d'eux-mêmes. N'est-ce pas? Nous disons que si vous savez comment vous regarder, - ce qui est aussi de la matière - comment vous comprendre, vous regarder vous-même, là où vous êtes, cette démarche est beaucoup plus réelle que l'autre. Vous pouvez le vérifier - vous comprenez? le vérifier dans vos actions quotidiennes. Sinon, ce n'est qu'une théorie. Je ne sais si vous suivez tout cela? Qu'en dites-vous, Monsieur? J'espère que vous profitez de ce beau soleil. Si cela ne vous intéresse pas, regardez les arbres, la beauté des arbres, le soleil à travers les feuilles, la chaîne de montagnes au loin, la beauté du ciel. Car si vous êtes sensible à cela vous serez alors sensible au sens de ces paroles. Quel est donc l'état de l'esprit, de la conscience,
1:08:09 So what is the state of the mind, consciousness, that can discover?... I am using the word 'know' in a rather wide sense. You know the word 'know' is very limited, isn't it? You can say to your wife, 'I know you' but do you actually know your wife, or your husband, or your boy friend? You don't. You only know according to the image that you have built about her or him. So here the word 'know' becomes... When you say 'I know there is something beyond' you have destroyed it. You understand what I am saying? qui a la capacité de découvrir?... J'utilise le mot 'savoir' dans un sens plutôt large. Vous savez, le 'savoir-connaître', est très limité, n'est-ce pas? Vous pouvez dire à votre femme, 'je te connais' mais connaissez-vous vraiment votre femme ou votre mari, ou votre petit ami? Non. Vous ne les connaissez qu'à travers l'image que vous vous êtes faite d'eux. Ici, le mot 'savoir' devient... Quand vous dites, 'je sais qu'il y a quelque chose au-delà', vous l'avez détruit. Vous comprenez ce que je dis? La méditation n'est donc pas quelque chose que l'on pratique.
1:09:32 So meditation is not something you practise. It is the understanding of the whole movement of life. Right? The sorrow, the pain, the anxiety, the aggression, the loneliness. Otherwise, if the mind isn't free of all that your meditation is worthless. You understand? You know these gurus that have come from India have brought over their many, many forms of systems, superstitions, and concepts. There are the Tibetan meditation, the Zen meditation, the meditation to awaken - I am just using their phraseology, don't jump on me - meditation to awaken their kundalini, various forms of yoga. Yoga, the real meaning of that word, is to join. Right? That is, to join, according to them, to join the lower material existence to the highest. The practices of yoga, you know, you breathe, take various postures and all that, was invented about the 18th or the 17th century by a man or a group of people who wanted occult powers. Which is, through control, through forcing - you follow - through direction, they said this: 'We might awaken extra sensory perception' - I am putting it into modern words! And they have been practising it. But there is only one yoga, which is called Raja yoga, in which there is no practice. No artificial exercises: walking, swimming, natural, and a tremendously moral life in which there is integrity. You follow? That is real yoga, not all this thing that you play along with. C'est la compréhension du mouvement total de la vie. N'est-ce pas? La souffrance, la douleur, l'anxiété l'agressivité, la solitude. Sinon, si l'esprit n'est pas libre de tout cela, votre méditation est sans valeur. Vous comprenez? Vous savez, ces gourous qui sont venus d'Inde, ont amené avec eux leurs très nombreux systèmes, leurs superstitions et leurs concepts. Il y a la méditation tibétaine, zen, la méditation en vue d'éveiller - c'est leur phraséologie, ne vous en prenez pas à moi - la méditation en vue d'éveiller leur kundalini, différentes formes de yoga. Yoga : la signification réelle de ce mot est joindre. N'est-ce pas? C'est-à-dire, selon eux, joindre l'existence matérielle inférieure à la supérieure. Les pratiques du yoga, vous savez, la respiration, les différentes postures, tout cela fut inventé autour du 18ème, ou du 17ème siècle par un homme ou un groupe à la recherche de pouvoirs occultes. C'est-à-dire par la maîtrise, par l'effort - vous suivez - par l'effort dirigé, ils disaient pouvoir éveiller la perception extrasensorielle - cela en langage moderne ! Et depuis ce temps là, ils l'ont pratiqué. Mais il n'y a qu'un yoga, appelé Raja Yoga, qui n'exige aucune de ces pratiques. Aucun exercice artificiel, simplement marcher, nager, mener une vie naturelle et extraordinairement morale, qui soit intègre. Vous suivez? Voilà le vrai yoga, pas toutes ces choses qui ne font que vous distraire. Et quand vous comprenez
1:13:11 And when you understand the nature of a system in meditation you understand all the systems. Right? Whether it is the Tibetan, Zen or your own particular kind of native guru, not the imported gurus but your own native ones, if you understand one system of theirs you've understood all the systems with regard to meditation. Which is, they are based essentially on control, concentration, practice. Right? Do this and that every day. That is - including Zen - to make the mind more and more dull, which is to repeat, repeat, repeat. You understand? I hope you understand all this. la nature d'un système de méditation, vous comprenez tous les systèmes. N'est-ce pas? Qu'il soit tibétain, zen, ou celui de votre propre gourou indigène, pas un gourou importé mais un gourou bien de chez vous, si vous comprenez un de leurs systèmes vous avez compris tous les systèmes de méditation. A savoir qu'ils se fondent essentiellement sur la maîtrise, la concentration, la pratique. N'est-ce pas? Faites ceci et cela chaque jour. Ce qui - le Zen compris - rend l'esprit de plus en plus morne à force de répéter, répéter répéter. Vous comprenez? J'espère que vous comprenez tout cela. Et ces gourous viennent à vous et vous donnent
1:14:28 And these gurus also come along and give you what they call mantra. You have heard about all this. I am sorry you are burdened by all this business. The word 'mantra' means - the root of it - 'man', 'tra', two different words. The first word, 'man', means meditate - listen to it carefully - meditate, or ponder over not becoming. You understand? Not to become something. 'Tra' means - I am bored with all this stuff! - 'Tra' means put away all self-centred activity. You understand? Mantra means meditate, or ponder over be concerned with not becoming. You understand? You understand that, sir? Don't become anything. You may become something in the material world but don't become inwardly anything. And if you have any self-centred activity, put away that. That is the real meaning of that. And look what they have reduced it to! ce qu'ils appellent des mantras. Vous en avez entendu parler. Je suis navré que vous soyez encombré par tout cela. La racine du mot 'mantra' se compose de deux mots différents : 'man' et 'tra'. Le premier mot,'man', signifie méditer - écoutez bien - méditer ou réfléchir au non-devenir. Vous comprenez? Ne pas devenir quelque chose. 'Tra' signifie - tout cela me fatigue ! - 'Tra' signifie écarter toute activité égocentrique. Vous comprenez? Mantra signifie méditer ou réfléchir, se préoccuper du non-devenir. Vous comprenez? Vous comprenez cela, Monsieur? Ne rien devenir. Vous pourriez devenir quelque chose dans le monde matériel, mais ne devenez rien intérieurement. Et si vous avez des activités égocentriques, écartez-les. Telle est sa vraie signification. Et voyez à quoi ils ont réduit cela ! Ainsi, dans tout système, qu'il soit tibétain, birman, zen
1:16:13 So system, whether Tibetan, Burmese, Zen or the Hindu or the Christian, when there is a repetition which means you repeat hoping to achieve something and that system is invented by your guru or your super guru and so on, and you merely follow. Right? That is, follow some authority. Therefore your mind becomes infantile, narrow, mechanical, without any substance behind it. So when you understand one system - finished. You understand? You don't have to go to Japan to understand the Zen Buddhism or go to India, or all the rest of it. The word Zen comes from the sanskrit word 'Dhyanam'. It went first after the Buddhist period or during the Buddhist period, to China, a monk carried it there. And as the Chinese and the Japanese cannot probably pronounce Dhya, they turned it into Zen. And that has become almost sacred! hindou ou chrétien, dès lors qu'il y a répétition, cela signifie que vous répétez, espérant accomplir quelque chose. Et ce système est l'invention de votre gourou ou super gourou etc., et vous ne faites que suivre. N'est-ce pas? Suivre une autorité. Par conséquent, votre esprit devient infantile, étroit, mécanique et vide de toute substance. Quand vous comprenez un seul système, cela suffit. Vous comprenez? Inutile d'aller au Japon pour comprendre le bouddhisme Zen, ou aller en Inde et tout le reste. Le mot Zen vient du mot sanscrit 'Dhyanam'. Il apparut après la période bouddhiste, ou pendant la période bouddhiste, un moine l'importa de Chine, et comme les Chinois et les Japonais semblent incapables de prononcer le mot 'Dhyan', ils le changèrent en 'Zen'. Et ce mot est devenu quasiment sacré ! Ainsi, la méditation, c'est mettre fin :
1:17:56 So meditation is the ending: the ending of your greed, the ending of your attachment. Right? Because then only the mind is free, then only the mind has no problems. It is only such a mind that can go beyond. That is, the mind with its consciousness, the consciousness is made up of all the content, you understand, the content makes consciousness: your greed, your envy, your anxiety, your loneliness, your beliefs, your attachments, your pursuit of safety - you follow - all that, your violence is the content of our consciousness. And to go beyond, to find out - or rather to see, to observe if there is something beyond all this the mind must be completely free of all its content. This is rational, this is not illogical. You understand? Then the mind is empty. Emptiness is full of energy. That they are also saying, the scientists. Right? When the mind is empty there is nothing, nothing which means: not a thing created by thought. Such a mind being empty, that mind is full of energy. Right? You don't know about it, don't go into it, unless you have done all the other things, it is just a lot of words. mettre fin à votre avidité, à votre attachement. N'est-ce pas? Car seulement alors l'esprit est libre, c'est seulement alors que l'esprit n'a pas de problèmes. Seul un tel esprit peut aller au-delà. C'est-à-dire, l'esprit avec sa conscience, laquelle est faite de tout ce qu'elle contient; vous comprenez, le contenu fait la conscience : votre avidité, votre envie, votre anxiété, votre solitude, vos croyances, vos attachements, votre soif de sécurité - vous suivez - tout cela, votre violence est le contenu de notre conscience. Et pour aller au-delà, pour découvrir ou plutôt voir, observer s'il y a quelque chose au-delà de tout cela, l'esprit doit être complètement libre de tout son contenu. C'est rationnel, ce n'est pas illogique. Vous comprenez? Alors, l'esprit est vide. Le vide est plein d'énergie. Ce que disent aussi les scientifiques. N'est-ce pas? Quand l'esprit est vide, il n'y a rien, rien, ce qui signifie : pas une chose créée par la pensée. Un tel esprit étant vide, il est plein d'énergie. N'est-ce pas? Vous ne savez rien de cela, n'allez pas vous y plonger; à moins d'avoir accompli le reste, ce ne sont que des mots. Alors, y a-t-il quelque chose au-delà de l'énergie?
1:20:38 Then is there something beyond energy? What is the origin of energy? You understand? Not God, all that has been set aside completely. Is there something beyond this energy, the origin of this energy? There is, if a mind is totally empty, knows compassion and love, such a mind will come upon it. Quelle est l'origine de l'énergie? Vous comprenez? Pas Dieu, tout cela a été complètement écarté. Y a-t-il quelque chose au-delà de cette énergie, quelle en est l'origine? Il y en a si l'esprit est complètement vide : connaissant compassion et amour, un tel esprit viendra à sa rencontre. Quelle heure est-il Monsieur?

Q:Une heure moins cinq.
1:21:22 What time is it sir? K:Oh, je suis navré, il est une heure moins cinq.
1:21:24 Q:Five minutes to one. Désolé de vous avoir retenu si longtemps.
1:21:27 K:Oh, I am so sorry, it is five minutes to one. Sorry to have kept you so long.