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BR78T3 - Comment comprendre la liberté et la vivre ?

3e causerie Brockwood Park, Angleterre 2 septembre 1978
Version texte uniquement
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0:54
K: We have been talking about
various things that concern our daily life.
We are not indulging in any form of theories
beliefs, or ideological, speculative entertainment.
We are actually deeply concerned - I hope
with our daily life
and to find out if it is at all possible
to bring about a radical change in the ways of our life.
Because our life is not what it should be.
We are confused, miserable
sorrow-ridden
struggling, struggling from day after day till we die.
And that seems to be our lot.
This endless conflict
not only in our personal relationships
but also with the world
which is deteriorating from day to day
becoming more and more dangerous
more and more unpredictable, uncertain
where the politicians and the nations are seeking power.
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0:54
K: Nous avons parlé de
diverses choses concernant notre vie quotidienne.
Nous ne nous complaisons pas dans de quelconques théories
croyances, ou spéculations idéologiques.
En fait, nous nous préoccupons profondément - du moins je l'espère
de notre vie quotidienne
pour découvrir s'il est vraiment possible
d'amener un changement radical dans nos modes de vie.
Car notre vie n'est pas ce qu'elle devrait être.
Nous sommes confus, malheureux
accablés de souffrance
luttant jour après jour, jusqu'à l'heure de notre mort.
Tel semble être notre lot:
ce conflit sans fin
non seulement dans nos rapports personnels
mais encore vis à vis du monde
qui va se détériorant de jour en jour
devenant de plus en plus dangereux
de plus en plus imprévisible, incertain
où politiciens et nations sont en quête de pouvoir.
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2:40
And we should also talk over together this morning, I think
about freedom:
whether man or woman
when I use the word 'man' I include the woman
I hope you don't mind, Women's Lib (laughter).
It seems to one, as one observes in the world
in our daily life, freedom is becoming less and less.
More and more restrictive we are becoming
our actions are limited
our outlooks are very narrow
or bitter, cynical, or very, very hopeful
and we never seem to be free
from our own daily conflict and misery
completely free from all the travail of life.
3:53
And I think we should talk over together this question of freedom.
Of course in the totalitarian states there is no freedom.
Here in the western world and the eastern world, partly
there is somewhat more freedom
freedom to change your job, freedom to travel
to say what you like, to think what you like
express what you like, write what you like.
But even this freedom that one has
is becoming more and more mechanical
it is no longer freedom.
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2:40
Mais nous devrions aussi parler ensemble ce matin, je pense
de la liberté.
L'homme, ou la femme
- mon usage du mot 'homme' comprend aussi la 'femme'
j'espère que cela ne vous dérange pas - le MLF (Rires).
Lorsqu'on observe le monde, il nous semble que
la liberté prend de moins en moins d'importance dans la vie quotidienne.
Nous devenons de plus en plus restrictifs
nos actions sont limitées
nos visions des choses sont très étroites
ou amères, cyniques, ou très pleines d'espoir
et nous ne semblons jamais être libres
de nos propres conflits et malheurs quotidiens
complètement libres de tout le labeur de la vie.
3:53
Et je pense que nous devrions discuter
ensemble de cette question de la liberté.
Bien entendu, dans les états totalitaire il n'y a pas de liberté.
Ici, dans le monde occidental, et en partie dans le monde oriental
il y a un peu plus de liberté
liberté de changer de métier, liberté de voyager
de dire ce que l'on, de penser ce que l'on veut
d'exprimer ce que l'on veut, d'écrire ce que l'on veut.
Mais même cette liberté dont on dispose
devient de plus en plus mécanique
ce n'est plus la liberté.
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4:39
So I think we should, if you are at all serious
go into this question rather deeply.
That is, if you are willing.
The Churches, the religions have tried to dominate our thinking:
the Catholic church
in the past tortured people for their belief
burnt them, excommunicated them
and even now excommunication is a form of threat
for those who are Catholics.
Which is exactly the same thing that is happening
in the totalitarian states - control of your mind
your thoughts, your behaviour, your action.
They are more concerned with the control of the mind
control of thought, and anyone who dissents from that
disagrees, is banished away, or tortured
or sent to mental hospitals and so on.
5:53
Exactly the same thing as the past Catholic world has done.
Now they are doing it in the so-called
political, economic states.
So freedom is something that we have to find out what it means
and whether it is possible for us to be free
not only inwardly, deeply
whether it is at all possible inwardly, psychologically
inside the skin as it were
but also to express ourselves correctly, truly, accurately.
Then perhaps we will understand what freedom is.
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4:39
Donc, pour peu que l'on soit sérieux, je pense qu'il faudrait
examiner cette question de façon vraiment approfondie.
Si vous le voulez bien.
Les églises, les religions ont essayé de dominer notre façon de penser:
l'église catholique
a, par le passé, torturé les gens pour leur croyance
les a brûlés, excommuniés
et aujourd'hui encore, l'excommunication
reste une forme de menace
pour ceux qui sont catholiques.
Il se passe exactement la même chose
dans les états totalitaires: contrôle de votre esprit
de vos pensées, de votre comportement, de vos actes.
On s'y préoccupe surtout du contrôle de l'esprit
du contrôle des pensées, et quiconque a une opinion divergente
n'est pas d'accord, est déporté ou torturé
ou placé dans un hôpital psychiatrique, etc.
5:53
C'est exactement ce que fit jadis le monde catholique.
Cela se fait maintenant dans les soi-disant états
politiques, économiques.
La liberté est donc une chose dont nous devons découvrir le sens
pour voir s'il nous est possible
non seulement d'être libre intérieurement, profondément
dans toute la mesure du possible, intérieurement, psychologiquement
dans nos tripes, pour ainsi dire
mais encore, de nous exprimer correctement, avec vérité, précision.
Peut-être comprendrons-nous alors ce qu'est la liberté.
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6:46
Is freedom the opposite of slavery?
Is freedom the opposite of prison, of bondage, of repression?
Is freedom to do what you like?
Please, as we said the other day
and we have been talking over together
the speaker is only expressing - I hope - verbally
what we are all questioning
therefore you are not listening to the speaker
but listening to the questions which you are putting for yourself
therefore the speaker is not here.
Is freedom the opposite of non-freedom?
7:49
And so is there an opposite at all?
You understand?
That is, if we move away from the bad to the good
and think that is freedom
the good being the freedom
if we accept the good, which we can go into presently
what is the good, and the bad.
Is the good, the goodness the opposite of that which is not good
which is evil, which is bad?
If there are opposites then there is a conflict.
If I am not good, I will try to be good.
I will make every effort to be good
that is if I am somewhat conscious
somewhat sane, not too neurotic.
8:58
So we are asking:
is freedom the opposite of anything?
Or if freedom has an opposite then is it freedom?
Please enquire together in this matter.
That is, any opposite
the good and the bad
the opposite of the bad which is the good
the good has in it the roots of the bad.
Go into it please.
Consider it together.
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6:46
La liberté est-elle l'opposé de l'esclavage?
La liberté est-elle l'opposé de la prison
de l'asservissement, de la répression?
Etre libre, est-ce faire ce que l'on veut?
Je vous en prie, comme nous l'avons dit l'autre jour
c'est ensemble que nous discutons
l'orateur ne fait qu'exprimer verbalement, je l'espère
les questions que nous nous posons tous
en conséquence, ce n'est pas l'orateur que vous écoutez
mais écoutez les questions que vous vous posez à vous-même
et, par conséquent, l'orateur n'est pas ici présent.
La liberté, est-elle l'opposé de la non liberté?
7:49
Existe-t-il d'ailleurs un opposé quelconque?
Vous comprenez?
Ainsi, si nous nous écartons du mauvais en faveur du bon
et pensons que c'est la liberté
le bon étant la liberté
si nous acceptons le bon - nous pourrons voir sous peu
ce qu'est le bon et ce qu'est le mauvais:
le bon, la bonté, est-ce l'opposé de ce qui n'est pas bon
de ce qui est mal, de ce qui est mauvais?
S'il y a des opposés, il y a alors conflit.
Si je ne suis pas bon, je vais essayer de l'être.
Je déploierai tous mes efforts pour être bon
dans la mesure où je suis tant soit peu conscient
sain, pas trop névrosé.
8:58
Nous posons donc la question suivante:
la liberté est-elle l'opposé de quoi que ce soit?
Ou si la liberté a un opposé, est-ce encore la liberté?
Je vous en prie, examinons cette question ensemble.
Ainsi, tout opposé
le bon et le mauvais
- l'opposé du mauvais étant le bon -
ce bon a en soi les racines du mauvais.
Examinons cela ensemble, je vous prie.
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9:58
If I am jealous, envious
the opposite of jealousy is a state of mind
which is not jealous - a state of feeling.
But if it is the opposite of jealousy
that opposite has in it its own opposite.
Do we see this?
Because we want to go this morning into the question
of what is love.
whether such a thing exists at all.
Or is it merely sensation which we call love.
So to understand the full significance
and the nature and the beauty of that word
which we use as love, we must understand, I think
what is the conflict between the opposites
whether this conflict is illusory
in that illusion we are caught
which has become a habit
or there is only 'what is'
and therefore there is no opposite to it.
11:35
I hope this is not becoming too intellectual, is it?
Or too verbal, or too nonsensical.
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9:58
Si je suis jaloux, envieux
l'opposé de la jalousie est un état d'esprit
qui n'est pas jaloux - un état, un sentiment.
Mais, si c'est l'opposé de la jalousie
cet opposé a son propre opposé.
Le voyons-nous?
Car nous voulons aborder ce matin la question
de ce qu'est l'amour
si une telle chose existe vraiment.
Ou n'est-ce qu'une sensation que l'on nomme amour?
Pour comprendre toute la signification
la nature et la beauté de ce mot
dont nous nous servons pour définir l'amour
il nous faut comprendre, je crois
ce qu'est le conflit entre opposés
si ce conflit est illusoire
une illusion dans laquelle nous sommes pris
qui est devenue une habitude
ou si seul existe 'ce qui est'
qui, par conséquent, n'a pas d'opposé.
11:35
J'espère que tout ceci ne devient pas trop intellectuel, n'est-ce pas?
Ou trop verbal, trop inepte.
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11:49
Because as long as we live in opposites
jealousy and non-jealousy
the good and the bad
the ignorant and the enlightened
there must be this constant conflict in duality.
Of course there is duality:
man, woman, light and shade, dark, light and darkness
morning and evening and so on
but psychologically, inwardly
we are asking whether there is an opposite at all.
Is goodness the outcome of that which is bad?
If it is the outcome of that which is bad, evil
I don't like to use the word 'evil'
because that is so appallingly misused
as is every other word in the English language
if goodness is the opposite of the bad
then that very goodness is the outcome of the bad
therefore it is not goodness.
13:16
Right?
Do we see in ourselves, not as an idea, as a conclusion
as something somebody has suggested to you
but actually do we see anything born out of an opposite
must contain its own opposite?
Right?
So if that is so
then there is only 'what is', which has no opposite.
Right?
Is somebody meeting me?
We are meeting each other?
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11:49
Car aussi longtemps que nous vivrons dans les opposés
jalousie et non jalousie
le bon et le mauvais
l'ignorant et l'éclairé
il y a inévitablement ce conflit perpétuel dans la dualité.
Naturellement, la dualité existe:
homme, femme, lumière et ombre, clarté et ténèbres
matin et soir, et ainsi de suite
mais psychologiquement, intérieurement
nous demandons s'il existe un quelconque opposé.
La bonté est-elle le fruit de ce qui est mauvais?
Si elle est le fruit de ce qui est mauvais, du mal
- je n'aime pas me servir du mot 'mal'
dont il est fait un usage si désastreux
comme pour bien d'autres mots en langue anglaise
- donc, si la bonté est l'opposé du mauvais
alors cette bonté est elle- même le fruit du mauvais
par conséquent ce n'est pas la bonté.
13:16
N'est-ce pas?
Voyons-nous cela en nous-mêmes, non comme une idée, une conclusion
que quelqu'un vous a suggérées
mais voyons-nous réellement que tout ce qui est né d'un opposé
contient inévitablement son propre contraire?
N'est-ce pas?
S'il en est ainsi
il n'y a alors que 'ce qui est', qui n'a pas d'opposé.
N'est-ce pas?
Quelqu'un me rejoint-il? Nous rejoignons-nous?
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14:04
So as long as we have an opposite there cannot be freedom.
Goodness
is totally unrelated to that which is evil
which is bad - in quotes 'bad'.
As long as we are violent
to have the opposite which is non-violent
creates a conflict
and the non-violence is born out of violence.
The idea of non-violence is the outcome of being
aggressive, abrasive, anger and so on.
So there is only violence, not its opposite.
Then we can deal with violence.
As long as we have an opposite
then we are trying to achieve the opposite.
I wonder if you see?
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14:04
Ainsi, tant que nous concevons un opposé, il ne peut y avoir de liberté.
La bonté
n'a absolument aucun rapport avec le mal
c'est-à-dire le 'mauvais' entre guillemets.
Aussi longtemps que nous sommes violents
l'existence d'un opposé non violent
crée un conflit
et la non violence est née de la violence.
L'idée de non violence est le produit d'un état
agressif, abrasif, coléreux, etc.
Il n'y a donc que la violence, non son opposé.
Nous pouvons dès lors nous occuper de la violence.
Aussi longtemps que nous avons un opposé
nous essayons alors de concrétiser l'opposé.
Je me demande si vous le voyez?
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15:38
So, is freedom the opposite of non-freedom?
Or freedom has nothing whatsoever to do with its opposite?
Please we have to understand this very carefully
because we are going to go into something, which is:
is love the opposite of hate
the opposite of jealousy
the opposite of
sensation?
So as long as we are living in this habit of opposites
which we are - I must, I must not
I am, I shall be
I have been and in the future something will take place
all this is the activity, the movement of the opposites.
Right sir?
Do we
May we go on?
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15:38
La liberté est-elle l'opposé de la non liberté?
Ou la liberté n'a-t-elle rien à voir avec son opposé?
Je vous en prie, il nous faut très bien comprendre cela
car nous allons en venir à la question suivante:
l'amour est-il l'opposé de la haine
l'opposé de la jalousie
l'opposé de
la sensation?
Donc, tant que nous vivons dans cette habitude des opposés
ce qui est le cas - 'je dois, je ne dois pas
je suis, je vais être
j'ai été, et dans l'avenir quelque chose va se passer'
tout ceci est l'activité, le mouvement des opposés.
N'est-ce pas, Monsieur?
Pouvons-nous poursuivre?
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17:06
So we are asking: is freedom
totally unrelated to that which we call non-freedom?
If it is then how is that freedom to be lived
understood and acted, from which action takes place?
We have always acted from the opposites.
Right?
I am in prison and I must be free of it.
I must get out.
I am in bondage to a habit
psychologically as well as physiologically
and I must be free of it to become something else.
Right?
So we are caught in the habit
of this everlasting corridor of opposites
and so there is never an ending to conflict
to struggle, to be this and not that.
I think this is fairly clear.
Can we go on from there?
18:36
You are not listening to me:
you are discovering this for yourself.
If you are, it has significance
meaning and can be lived daily
but if you are merely accepting the idea of it
from another, from the speaker
then you are merely living in the world of ideas
and therefore the opposites remain.
The word 'idea'
the root meaning of it, from Greek and so on
is to observe.
See what we have made of that word!
Just to observe, and not conclude
or make an abstraction from what you have observed into an idea.
So we are caught in ideas and we never observe.
If we do observe we make an abstraction of it into an idea.
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17:06
Nous demandons donc ceci: la liberté est-elle
totalement sans rapport avec ce que nous appelons la non liberté?
S'il en est ainsi, alors comment cette liberté doit-elle être vécue
comprise et appliquée, de sorte qu'en émane l'action?
Nous avons toujours agi à partir des opposés.
N'est-ce pas?
Je suis en prison, je dois m'en libérer.
Je dois en sortir.
Je suis esclave d'une habitude
tant psychologiquement que physiologiquement
et je dois m'en libérer pour être autrement.
N'est-ce pas?
Nous sommes donc pris dans l'habitude
de ce corridor sans fin des opposés
de sorte qu'il n'y a jamais de fin au conflit
à la lutte pour être ceci et pas cela.
Je pense que c'est assez clair.
Pouvons-nous poursuivre?
18:36
Ce n'est pas moi que vous écoutez:
vous êtes en train de découvrir ceci par vous-même.
Si c'est le cas, cela a un sens
une signification, et peut être vécu quotidiennement
mais si vous vous contentez d'en admettre l'idée
venant d'un autre, de l'orateur
vous vous contentez alors de vivre dans le monde des idées
et par conséquent, les opposés subsistent.
Le mot 'idée'
d'après sa racine grecque et ainsi de suite
veut dire observer.
Voyez ce que nous avons fait de ce mot!
Il s'agit simplement d'observer et ne pas conclure
ou de faire une abstraction, une idée de ce que vous avez observé.
Nous sommes donc pris dans les idées, et n'observons jamais.
Et s'il nous arrive d'observer, nous en faisons une abstraction, une idée.
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20:03
So we are saying:
freedom is unconnected with bondage
whether it is the bondage of habit
physical or psychological
the bondage of attachment and so on.
So there is only freedom, not its opposite.
If we understand the truth of it
then we will deal only with 'what is'
and not with 'what should be'
which is its opposite.
Have you got it?
Are we meeting each other somewhere?
Right?
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20:03
Nous disons donc ceci:
il n'y a pas de lien entre liberté et servitude
qu'il s'agisse de la servitude d'une habitude
physique ou psychologique
ou de la servitude de l'attachement, etc.
Il n'y a donc que la liberté, pas son opposé.
Si nous en saisissons la vérité
nous nous occuperons seulement de 'ce qui est'
et non de 'ce qui devrait être'
c'est-à-dire de son opposé.
L'avez-vous saisi?
Nous rejoignons- nous quelque part?
N'est-ce pas?
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21:04
Q: Yes.
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21:04
Q: Oui.
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21:05
K: May we go on?
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21:05
K: Pouvons-nous poursuivre? Q: Oui.
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21:07
Q: Yes.
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21:07
K: Alors, s'il est très clair
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21:09
K: So if that is very clear
that there is only the fact, the 'what is'
and there is no opposite to 'what is'.
See, if you understand that basically, the truth of it
you are dealing with facts
unemotionally
unsentimentally, then you can do something.
The fact itself will do something.
But as long as we move away from the fact
the fact and the opposite will continue.
You've understood?
So we are asking now if that is clear
not because somebody said so
because you have discovered this for yourself
fundamentally, it is yours, not mine.
Then we can proceed to enquire into this whole question
which is very complex: what is love?
22:34
If we are sentimental, romantic and imaginative
and Raphaelites and mid-Victorians
then we will never even put that question.
But if we put aside all sentiment
all emotional response to that word
or having any conclusions about that word
then we can proceed sanely
healthily rationally into this question of what is love.
Do you understand?
Right?
So first of all are we approaching the question
without a motive, without sentiment, without prejudice?
Because the approach matters enormously
rather than the object itself.
Right?
Do we meet this?
Am I putting you all to sleep or what (Laughter)
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21:09
qu'il n'y a que le fait, le 'ce qui est'
et qu'il n'y a pas d'opposé à 'ce qui est'
si vous comprenez cela fondamentalement
et en voyez toute la vérité
vous vous occupez de faits
sans émotion
sans sentimentalité, vous pouvez alors faire quelque chose.
Le fait lui-même fera quelque chose.
Mais tant qu'on s'écartera du fait
le fait et son opposé persisteront.
Vous avez compris?
Alors, nous demandons à présent: est-ce clair
non parce que quelqu'un vous l'a dit
mais parce que vous l'avez découvert par vous-même
fondamentalement, c'est à vous, pas à moi.
Nous pouvons alors commencer à examiner tout cette question
très complexe: qu'est que l'amour?
22:34
Si nous sommes sentimentaux, romanesques et imaginatifs
Raphaélites et mi-Victoriens
nous ne poserons alors même pas cette question.
Mais si nous écartons tout sentiment
toute réaction émotionnelle à ce mot
ou toute conclusion à propos de ce mot
nous pouvons alors aborder sainement
salutairement, rationnellement, le sujet de la nature de l'amour.
Comprenez-vous?
D'accord?
Tout d'abord, abordons-nous la question
sans motif, sans sentimentalité, sans préjugé?
Car c'est l'approche qui importe énormément
plutôt que l'objet lui-même.
N'est-ce pas?
Sommes-nous ensemble ici?
Suis-je en train de vous endormir tous, ou quoi? (Rires)
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23:59
So do we know how we approach this question?
Are we aware of our approach to it?
We say, 'Yes, I know what love is'
and therefore you have stopped enquiring.
So, as we said, the approach to the problem
is more important than the problem itself.
Don't make it into a slogan or a cliché
then you have lost it.
So are we clear how we approach this question?
If the approach is correct, accurate
in the sense there is no personal conclusion, or opinion
or experience, then you are approaching it afresh
then you are approaching it with a sense of deep enquiry.
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23:59
Savons-nous alors comment aborder cette question?
Sommes-nous conscients de la manière dont nous l'abordons?
Si vous dites: 'oui, je sais ce qu'est l'amour'
vous avez, par conséquent, arrêté la recherche.
Comme nous l'avons dit, la façon d'aborder le problème
est plus importante encore que le problème lui-même.
N'en faites pas un slogan, ou un cliché
sinon, vous avez tout perdu.
Alors, sommes-nous au clair sur la manière
dont nous abordons la question?
Si l'approche est correcte, précise
c'est-à-dire qu'elle ne comporte ni conclusion, ni opinion
ni expérience, vous alors l'abordez d'un regard neuf
vous l'abordez alors dans le sens d'une recherche en profondeur.
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25:26
So we are saying: what is love?
Theologians have written volumes about it.
The priests throughout the world
have given a significance to it.
Every man and woman throughout the world
gives a specific meaning to it.
If they are sensual
they give that meaning and so on, so on, so on.
So being aware how we approach it
openly, freely, without any motive
then the door is open to perceive what it is.
Right?
We close the door to perception
if we come to it with an opinion
with some conclusion, with our own personal little experience.
26:43
We have closed the door and there is nothing to
you can't investigate, but if you come to it openly
freely, eagerly to find out then the door opens
you can look through.
Alright?
Please, are we doing this?
Because I think this may solve all our human problems.
The approach and what is love.
In the mechanistic world it doesn't exist.
To the totalitarian people
that word is probably an abomination
they only know it as the love of the country, the love of the State.
27:44
Or if you are a Christian you have love of God
or love of Jesus, or love of somebody.
In India it is the love of their particular guru
or their particular deity and so on.
So we are asking, putting all that aside
not ignorantly but seeing what they have done
what religions have done with that word
and perhaps with the feeling behind that word
being aware of all that, we must go into this.
Right?
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25:26
Nous disons donc: qu'est-ce que l'amour?
Les théologiens ont écrit des volumes là-dessus.
Les prêtres du monde entier
l'ont chargé de signification.
Chaque homme, chaque femme de par le monde
lui donne un sens particulier.
S'ils sont sensuels
ils lui donnent ce sens là, etc., etc., etc.
Donc nous sommes conscients de la manière dont nous l'abordons
ouvertement, librement, sans aucun motif
alors la porte est ouverte à la perception de ce qu'il est.
N'est-ce pas?
Nous fermons la porte à cette perception
si nous l'abordons avec une opinion
avec une conclusion quelconque, avec nos propres petites expériences.
26:43
Nous avons fermé la porte, et
la recherche est impossible, mais si vous y venez ouvertement
librement, avec ardeur, pour découvrir, alors la porte s'ouvre
vous pouvez voir de l'autre côté.
Bien?
Je vous en prie, le faisons-nous?
Car je pense que cela pourrait résoudre tous nos problèmes humains.
L'approche et qu'est-ce que l'amour?
Dans le monde de la mécanique, il n'existe pas.
Pour les peuples totalitaires
ce mot est probablement une abomination
ils ne connaissent que l'amour du pays, l'amour de l'Etat.
27:44
Ou si vous êtes un Chrétien, vous avez l'amour de Dieu
l'amour de Jésus ou l'amour de quelqu'un.
En Inde, c'est l'amour de leur gourou particulier
ou de leur divinité particulière, et ainsi de suite.
Alors, écartant tout cela
non par ignorance, mais voyant ce qui a été fait
ce que les religions ont fait de ce mot
et ressentant peut-être ce que comporte ce mot
étant conscients de tout cela, il faut se pencher là-dessus.
N'est-ce pas?
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28:34
It means we must not only look what others have done to the word
how they have imposed certain conclusions upon our minds
throughout the ages, and also
what our own inclinations are
being aware of all that
let's approach it tentatively.
What is love?
Is it pleasure?
Go on sir, enquire, dig into yourself and find out.
Is it pleasure?
For most of us it is
sexual pleasure which is called love, sensory pleasure.
And that sensory pleasure
sexual pleasure has been called love.
And that apparently dominates the world.
It dominates the world
because probably in our own lives it dominates us.
30:03
So we have identified love with that thing called pleasure
and is love pleasure?
Which doesn't mean that love is not pleasure.
You must enquire into it
it may be totally, something entirely different.
But first we must enquire into it.
Right?
Is love desire?
Is love remembrance?
Please.
Which means, is love
the remembered experience as pleasure
and the demand of thought as desire, with its image
and the pursuit of that image is called love.
Is that love?
Right sir?
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28:34
Cela signifie qu'il ne faut pas seulement examiner
ce que d'autres ont fait de ce mot
comment ils ont imposé à nos esprits certaines conclusions
aux cours des âges, mais encore
quelles sont nos propres tendances.
Etant conscients de tout cela
abordons la question avec prudence.
Qu'est-ce que l'amour?
Est-ce le plaisir?
Allons, Monsieur, cherchez, entrez en vous-même pour trouver.
Est-ce le plaisir?
Ce l'est pour la plupart d'entre nous
le plaisir sexuel que nous appelons l'amour, le plaisir sensuel.
Et ce plaisir sensuel
ce plaisir sexuel a été appelé l'amour.
Et cela paraît dominer le monde.
Cela domine le monde
probablement parce que cela domine nos vies.
30:03
Nous avons donc identifié l'amour à cette chose appelée plaisir
et l'amour est-il plaisir?
Ce qui ne signifie pas que l'amour ne soit pas plaisir.
Il vous faut examiner cela
ce pourrait être quelque chose d'entièrement différent.
Mais il faut d'abord examiner la chose.
N'est-ce pas?
L'amour est-il désir?
L'amour est-il souvenir?
Je vous en prie.
C'est-à-dire, l'amour est-il
le souvenir de l'expérience éprouvée en tant que plaisir
et le besoin qu'a la pensée de ce désir avec son image?
Et la poursuite de cette image est appelé amour.
Est-ce là l'amour?
N'est-ce pas Monsieur?
|
|
31:35
And is being attached to a person
or to a country, to an idea, is that love?
Attachment, dependence.
Please look into yourself, not listen to me
I am not worth listening to.
But what is significant, what is worthwhile
is that you listen to yourself
when these questions are being put
you have to answer it for yourself because it is your daily life.
And if attachment is not love
and if attachment is love
what are the implications involved in it?
32:34
You understand my question?
If we say love is pleasure
then we must see the whole consequences
and the implications of that statement.
Then we depend entirely on sensory
sexual excitement, which is called love.
And with it goes all the suffering, the anxiety
the desire to possess
and from that possessive desire attachment.
And where you are attached there is fear
fear of loss.
And from that arises jealousy, anxiety
anger, gradual hatred.
Right?
|
31:35
Et le fait d'être attaché à une personne
ou à un pays, à une idée, est-ce l'amour?
Attachement, dépendance.
Regardez en vous-même, je vous prie, ne m'écoutez pas.
M'écouter n'en vaut pas la peine.
Mais ce qui est signifiant, ce qui est valable
c'est que vous vous écoutiez vous-même
quand ces questions sont posées.
Vous devez y répondre par vous-même
car c'est de votre vie quotidienne qu'il s'agit.
Et si l'attachement n'est pas l'amour
ou si l'attachement est l'amour
qu'est-ce que cela implique?
32:34
Vous comprenez ma question?
Si nous disons que l'amour est le plaisir
il nous faut alors voir toutes les conséquences
et les implications de cette affirmation.
Nous dépendons alors entièrement de
l'excitation sensorielle, sexuelle qu'on appelle l'amour.
Et qui s'accompagne de toute la souffrance, de l'angoisse
du désir de posséder
et de l'attachement né de ce désir possessif.
Et de l'attachement naît la peur
la peur de perdre.
Et de là naît la jalousie, l'angoisse
la colère, et peu à peu, la haine.
N'est-ce pas?
|
|
33:41
And also we must see
what are the consequences if it is not pleasure.
Then what is love
which is not jealousy, attachment
remembrance
pursuit of pleasure through imagination and desire and so on?
Is love then the opposite of all this?
You follow?
I am lost!
|
33:41
De même qu'il nous faut voir
quelles en sont les conséquences si [l'amour] n'est pas le plaisir?
Qu'est-ce alors que l'amour
qui n'est ni jalousie, ni attachement
ni souvenir
ni poursuite du plaisir par l'imagination, le désir, etc.
?
L'amour est-il alors l'opposé de tout ceci?
Vous suivez?
J'ai perdu le fil!
|
|
34:38
We said is love
the opposite of pleasure, of attachment, of jealousy.
If love is that, then that love contains jealousy
attachment and all the rest of it.
Therefore
love, seeing all the implications of attachment
pursuit of desire
the continuous reel of remembrances:
I loved and I am not loved
I remember that particular sexual pleasure
or that particular incident which gave me delight
so the pursuit of that
and the opposite of what is called love
is then love the opposite of hate?
Do you understand?
Or love has no opposite.
You're following all this?
It's hot.
|
34:38
Nous disions ceci:
l'amour est-il l'opposé du plaisir, de l'attachement, de la jalousie.
Si l'amour est cela, cet amour-là comporte alors la jalousie
l'attachement et tout ce qui s'ensuit.
Par conséquent
au vu de toutes les implications de l'attachement
de la poursuite du désir
du déroulement continu du film des souvenirs
- j'aimais, je ne suis pas aimé
je me souviens d'un certain plaisir sexuel
ou d'un certain incident qui m'a donné du bonheur
la poursuite de cela
et de l'opposé de ce qu'on appelle l'amour
- l'amour est-il alors l'opposé de la haine?
Vous comprenez?
Ou l'amour n'a-t-il pas d'opposé?
Vous suivez tout ceci?
Il fait chaud.
|
|
36:07
So we are finding out
please go with it you will see something
extraordinary come out of this.
I don't know what is coming out of it myself
but I can feel something extraordinary coming out of it.
If you all listen to yourselves, actually.
And the religions have made love of god
love of Jesus, love of Krishna, love of Buddha
you follow?
- totally unrelated to daily life.
And we are concerned with the understanding
and finding the truth of our daily life
the totality of it, not just sex or power or position
or jealousy, or some idiotic complex one has
but the whole structure and the nature
of the extraordinary life in which we live.
|
36:07
Nous sommes donc en train de découvrir
- je vous en prie, allez-y et vous verrez quelque chose
d'extraordinaire en ressortir.
Je ne sais pas encore moi-même ce qui va en ressortir
mais je sens que quelque chose d'extraordinaire va en ressortir
si vous vous écoutez tous, effectivement.
Et les religions ont créé l'amour de dieu
l'amour de Jésus, l'amour de Krishna, l'amour de Bouddha
vous suivez?
- sans aucun lien avec la vie quotidienne.
Et ce qui nous préoccupe, c'est la compréhension
et la découverte de la vérité de notre vie quotidienne
dans sa totalité, pas simplement le sexe, le pouvoir ou la situation
..ou la jalousie, ou quelque complexe stupide que l'on peut avoir
mais toute la structure et la nature
de la vie extraordinaire dans laquelle nous vivons.
|
|
37:16
So as we said, the opposite is not love.
If we understand that
that through negation of what it is not
which means, not negating or denying
in the sense of pushing it away, resisting it
controlling it but understanding the whole nature
and the structure and the implications of desire
of pleasure, of remembrance.
Out of that comes the sense of intelligence
which is the very essence of love.
Right?
Are we meeting each other sir?
|
37:16
Donc, ainsi que nous le disions, l'opposé n'est pas l'amour.
Si nous comprenons cela
par la négation de 'ce qui n'est pas'
c'est-à-dire, pas en le niant ou le refusant
dans le sens de l'écarter, d'y résister
de le contrôler, mais en comprenant toute la nature
la structure et les implications du désir
du plaisir, du souvenir.
Il en émane l'essence de l'intelligence
c'est-à-dire l'essence même de l'amour.
N'est-ce pas?
Nous rejoignons-nous, Monsieur?
|
|
38:21
You say this is impossible.
I am young, I am full of beans
and I am full of sex, and I want to indulge in it.
You may call it whatever you like but I like that.
Till I catch some disease
or some man or woman runs away with another
then begins the whole circus
jealousy, anxiety, fear, hatred and so on.
So what is one to do when one is young
full of life, all the glands highly active
what is one to do?
Don't look at me!
(Laughter)
Look at yourself.
Which means - please listen
which means you cannot possibly
depend on another to find out the answer.
39:52
You have to be a light to yourself.
You have to be a light to yourself in understanding
desire, remembrance, the whole attachment
and all that - understand it, live it, find out.
Find out how thought pursues pleasure endlessly.
If you understand the depth
and the fullness and the clarity of all that
then one will not be in a state of perpetual control
then guilt and regret - you follow?
All that one goes through when one is young
if one is sensitive.
If you are merely out for pleasure, well
that is a different matter.
|
38:21
Vous dites: c'est impossible.
Je suis jeune, j'ai de la pêche
j'ai plein d'énergie sexuelle, et je veux m'y complaire.
Appelez cela comme vous voulez, mais cela me plaît.
Jusqu'à ce que j'attrape une maladie
ou qu'un homme ou une femme me quitte pour quelqu'un d'autre
alors commence tout le cirque:
jalousie, angoisse, peur, haine, et ainsi de suite.
Alors, que faire quand on est jeune
plein de vie, et toutes les glandes en pleine activité?
Que faire?
Ne me regardez pas!
(Rires)
Regardez-vous.
Ce qui signifie - écoutez je vous prie
ce qui signifie que vous ne pouvez
dépendre d'autrui pour trouver la réponse.
39:52
Il faut être votre propre lumière.
Soyez votre propre lumière afin de comprendre
le désir, le souvenir, tout l'attachement
et tout cela - comprenez-le, vivez-le, découvrez.
Découvrez comment la pensée recherche sans fin le plaisir.
Si vous comprenez la profondeur
la plénitude et la clarté de tout cela
nous ne serons alors pas dans un état de contrôle perpétuel
puis de culpabilité et de regret - vous suivez?
Tout ce par quoi l'on passe quand on est jeune
si l'on est sensible.
Si l'on ne s'intéresse qu'au plaisir, eh bien
c'est une autre affaire.
|
|
41:03
So love is not the opposite of hate
of desire, or pleasure.
So love is something entirely different from all that
because love has no opposite.
If you really understand this
go into it, not catch my enthusiasm, my vitality
my interest, my intensity
then you will find out
what is much more inclusive than that, is compassion.
The very word is passion for everything
for the rock, for the stray animal, for the birds
for the trees, for nature, for human beings.
How that compassion expresses itself
when there is that compassion, actually
not theoretically and all that nonsense
when there is actually that state of compassion
all action from that is action of intelligence.
42:45
Because you cannot have love
if you haven't understood the whole movement of thought.
One cannot grasp the full beauty
the significance and the depth of that word
without understanding the whole business of attachment
not intellectually but actually
whether you are free from attachment
from the man or the woman
from the house, from the particular carpet
or particular something or other that you own.
Right?
|
41:03
L'amour n'est donc pas l'opposé de la haine
du désir ou du plaisir.
L'amour est donc tout autre chose que tout cela
car, l'amour n'a pas d'opposé.
Si vous comprenez réellement ceci
- approfondissez-le, pas à travers mon enthousiasme, ma vitalité
mon intérêt, mon intensité -
vous découvrirez alors
ce qui englobe encore plus que tout cela: la compassion.
Ce mot 'compassion' veut dire passion pour toute chose.
Pour le rocher, pour l'animal errant, pour les oiseaux
pour les arbres, la nature, les êtres humains.
Comment cette compassion s'exprime-t-elle?
Quand il y a cette compassion, effectivement
pas théoriquement et toutes ces inepties
quand il y a effectivement cet état de compassion
tout acte procédant de là est un acte d'intelligence.
42:45
Car il ne peut y avoir amour
si l'on n'a pas compris tout le mouvement de la pensée.
On ne peut saisir toute la beauté
toute la signification et la profondeur de ce mot
si l'on ne comprend pas tout le phénomène de l'attachement
pas intellectuellement, mais effectivement
dans la mesure où l'on est libre de l'attachement
à l'égard de l'homme ou de la femme
de la maison, d'un certain tapis
ou de n'importe quel objet que vous possédez.
N'est-ce pas?
|
|
43:36
So out of that investigation and awareness
of all the significance of that
from that there comes intelligence
not born of books and cunning thought and discussions
and clever expressions and all that
but the understanding of what love is not
and putting all that aside.
Not say well, I will find out gradually
when I am dead and buried, or just before what attachment
Now, today, to find out while you are sitting there
listening to yourself
to be free completely from all attachment
from your wife, from your husband, from your girl
attachment - do you understand?
Can you?
Not resist it, not throw it away
I am going to fight it, I am going to exercise my will
to resist and so on, so on, so on.
Will is part of desire.
|
43:36
Alors, de cette recherche et de la prise de conscience
de tout ce que cela signifie
émane l'intelligence
pas celle qui naît des livres, de pensées astucieuses, de discussions
d'expressions brillantes, et tout cela
mais de la compréhension de ce que l'amour n'est pas
et laissant tout cela de côté.
Pas en disant: 'eh bien, je vais découvrir tout cela graduellement
quand je serai mort et enterré, ou juste avant'.
Maintenant, aujourd'hui-même
pendant que vous êtes assis ici
vous écoutant vous-même
être complètement libre de tout attachement
à votre femme, votre mari, votre amie
- l'attachement, vous comprenez?
Le pouvez-vous?
Sans y résister, sans le rejeter:
'je vais le combattre, mobiliser ma volonté
pour y résister', etc., ect., etc.
La volonté fait partie du désir.
|
|
44:55
So can you put aside
attachment, dependence
and not become cynical, bitter
withdraw and resist.
Because you have understood it
what attachment implies
and in the very understanding of it, it drops away
and it drops away because you are intelligent
there is intelligence.
That intelligence is not yours or mine, it is intelligence.
|
44:55
Pouvez-vous donc écarter
l'attachement, la dépendance
sans devenir cynique, amère
sans vous replier sur vous-même et résister.
Du fait que vous avez compris
ce qu'implique l'attachement
cette compréhension même fait qu'il disparaît
et il disparaît parce que vous êtes intelligent
il y a intelligence.
Cette intelligence n'est ni la vôtre, ni la mienne, c'est l'intelligence.
|
|
45:34
So then the action of compassion
can only come through intelligence.
It is like those people who love animals
protect animals - and wear their fur, right?
You have seen all this, haven't you?
|
45:34
Ainsi, l'acte de compassion ne peut naître que de l'intelligence
ne peut venir que par l'intelligence.
Voyez ces personnes qui aiment les animaux
les protègent et portent leur fourrure, n'est-ce pas?
Vous l'avez bien vu, n'est-ce pas?
|
|
46:07
When we have understood this to its very depth
then we can proceed to enquire
into this problem of fear with regard to death.
Right?
Do you want to go into it?
No, no please, don't (laughs)
don't casually say, 'Yes, let's do it, for fun'.
Because most of us whether we are young or old
whether we are diseased, or lame
or blind or deaf or ignorant
poor, we are frightened of death.
It is part of our tradition, part of our culture
part of our daily life to avoid this thing called death.
We have read all about it.
We have seen people die
you have shed tears over them
and felt this enormous sense of isolation, loneliness
and the fear of all that.
47:42
And from that there is this great sorrow
grief, not only the human sorrow of two human beings
but also there is this great sorrow
global sorrow, sorrow in the world.
I don't know if you are aware of all this.
We have had recently two wars
hasn't that created immense sorrow for mankind?
No?
Think how many women, children
people have cried and shed tears.
They are not yours or my tears, but human tears, of humanity.
So there is a global sorrow
the sorrow of the world
and a particular human being with his sorrow.
|
46:07
Quand nous avons compris cela, dans toute sa profondeur
nous pouvons alors aborder l'examen
de ce problème de la peur à l'égard de la mort.
D'accord?
Vous le voulez bien?
Non, non, je vous en prie (Rires)
Ne dites pas à la légère: 'oui, faisons cela, pour le plaisir'.
En effet, que nous soyons jeunes ou vieux
que nous soyons malades, ou boiteux
aveugles, sourds, ou ignorants
pauvres, nous avons, pour la plupart, peur de la mort.
Il est de notre tradition, de notre culture
de notre vie quotidienne
d'éviter cette chose que nous appelons la mort.
Nous avons tout lu à ce sujet.
Nous avons vu des gens mourir
nous les avons pleurés
et éprouvé cet immense sentiment d'isolement, de solitude
et la peur de tout cela.
47:42
Et cela donne lieu à cette grande souffrance, affliction
non seulement la souffrance de deux êtres humains
mais aussi cette grande souffrance
cette souffrance globale, dans le monde.
Je ne sais si vous avez conscience de tout cela.
Nous avons eu récemment deux guerres.
Cela n'a-t-il pas causé une immense souffrance dans l'humanité?
Non?
Pensez-donc, combien de femmes, d'enfants
de gens ont pleuré, versé des larmes.
Ce ne sont ni mes larmes, ni les vôtres, mais les larmes de l'humanité.
Il y a donc une souffrance globale
la souffrance du monde
et il y a aussi un être humain en proie à sa souffrance.
|
|
48:57
Are you getting mesmerised by me?
I am a little anxious
I question this all the time because you are so very silent
and I hope that silence indicates
the non-movement, of physical movement
and the non-movement of thought
does it indicate that you are really deeply concerned
deeply enquiring, putting your whole heart and mind
and everything that you have into this understanding of all this?
|
48:57
Etes-vous tous hypnotisés par moi?
Je suis un peu inquiet
Je pose toujours cette question, vous voyant tous tellement silencieux
et j'espère que ce silence indique
l'absence de tout mouvement physique
et l'absence de tout mouvement de pensée.
Cela montre-t-il que vous
vous sentez tous vraiment, profondément concernés
que vous cherchez profondément, de tout votre cœur et esprit
de votre être tout entier, à comprendre tout cela?
|
|
49:42
So before we go into the question of death
we must also understand the nature of sorrow:
why we shed tears
why we rationalise sorrow
why we hold on to it.
In the Christian world sorrow is put on the cross
and it's finished with it.
You have idealised or put away that sorrow through one person
and that person is going to redeem you from sorrow.
You know all this, don't you?
So one never goes into this whole question of sorrow.
In the Asiatic world sorrow is explained
through various theories - very intelligent, very clever.
51:01
There is great possibility in their theories
but yet in the Asian world
including India, there is still sorrow.
So we are asking whether man can ever be free from it.
Because we are asking this question
to find out its right place
the right place of sex, money
physical security, technological knowledge and so on.
All these have their right place.
When once you have put these in their right place, freedom comes.
|
49:42
Aussi, avant d'aborder cette question de la mort
il nous faut aussi comprendre la nature de la souffrance:
pourquoi nous versons des larmes
pourquoi nous rationalisons la douleur
pourquoi nous nous y accrochons.
Dans le monde chrétien, on a mis la souffrance sur la croix
et c'en est fini.
Vous avez idéalisé ou remis cette souffrance à quelqu'un
et cette personne va vous racheter la souffrance.
Vous savez tout cela, n'est-ce pas?
Aussi, ne va-t-on jamais au fond de cette question de la souffrance.
Dans le monde asiatique, la douleur s'explique
par diverses théories, très intelligentes, très habiles.
51:01
Ces théories offrent de grandes possibilités
mais pourtant, dans le monde asiatique
y compris l'Inde, la souffrance est toujours là.
Aussi, nous demandons si l'homme pourra jamais s'en affranchir.
Nous posons cette question
afin de découvrir sa juste place
la juste place du sexe, de l'argent
de la sécurité physique, du savoir technologique, et ainsi de suite.
Toutes ces chose ont leur juste place.
Une fois que vous les avez mises à leur juste place, la liberté vient.
|
|
51:56
So sorrow:
the word sorrow
in that is involved passion.
Passion, not lust
but that quality of mind
when sorrow is completely, totally understood
and gone into
seeing the whole significance of it
then out of that comes passion.
Not to paint pictures - I don't mean all that kind of stuff.
The passion
that quality of energy
which is not dependent on anything
environment, good food and so on
it is that tremendous quality of energy
which may be termed as passion.
53:12
It comes out of the understanding
of this burden which man has carried for millennia.
Why do we suffer, psychologically?
You may have physical pain, injury, disease, crippled
and is it possible - please listen quietly
is it possible to put pain, physical pain in its right place
and not let it interfere with the psychological state
of the mind - you understand what I am saying?
|
51:56
La souffrance:
le mot souffrance
implique la passion.
- la passion, pas la convoitise -
mais cette qualité d'esprit
[est là] quand la souffrance est totalement comprise
et approfondie
vue dans toute sa signification
il en alors la passion.
Il ne s'agit pas de peindre des tableaux - ce n'est pas ce que je veux dire.
La passion
cette qualité d'énergie
qui ne dépend de rien
ni de l'environnement, ni de la bonne nourriture, etc
c'est cette formidable qualité d'énergie
qui peut être désignée sous le nom de passion.
53:12
Elle naît de la compréhension
de ce fardeau que l'homme a porté pendant des millénaires.
Pourquoi souffrons-nous, psychologiquement?
On peut éprouver une douleur physique, être blessé, malade, infirme
et est-il possible - écoutez calmement, je vous prie -
de mettre la douleur physique à sa juste place
et de ne pas la laisser agir sur l'état psychologique
de l'esprit - vous comprenez ce que je dis?
|
|
54:03
One has
often physical pain in different forms.
Or one may have serious sickness
or crippled
and that sickness, that disease, and so on
not to allow all that to interfere with the freedom
with the freshness of the mind.
That requires tremendous awareness
watchfulness to say physical pain not to be registered
you understand?
- psychologically.
Are we meeting each other?
You have been to a dentist - haven't you?
so have I, all of us have been
and there is considerable pain sitting there by the hour
and not to register that pain at all.
55:41
Then, if you register it
then you are frightened to go there again, fear comes in.
Whereas if you don't register it
the pain, you follow?
quite a different quality of mind, brain comes into action.
So we went into the question of registration
very clearly, carefully, so I won't go into it now.
|
54:03
On éprouve souvent
la douleur physique, sous une forme ou une autre.
On peut subir une maladie grave
ou une infirmité
et cette maladie, cette infirmité, etc
il ne faut pas les laisser agir sur la liberté
sur la fraîcheur de l'esprit.
Il faut une extrême vigilance
et attention pour ne pas enregistrer la douleur physique
vous comprenez?
- psychologiquement.
Nous rejoignons-nous?
Il vous est arrivé d'aller chez le dentiste, n'est-ce pas?
moi aussi, comme la plupart d'entre nous
et éprouvé une douleur physique considérable, des heures durant
et il s'agit de ne pas du tout enregistrer cette douleur.
55:41
Car si vous l'enregistrez
vous craignez alors d'y retourner, la peur se manifeste.
Tandis que si vous n'enregistrez pas
la douleur - vous suivez?
une toute autre qualité d'esprit, du cerveau, entre en jeu.
Nous avons approfondi la question de l'enregistrement
avec beaucoup de clarté, de soin, je n'y reviendrai donc pas.
|
|
56:13
So similarly
we live with sorrow
and perhaps that is getting more and more
expansive, through divorce, people are divorced
and their children go through a terrible time
the children suffer
neurotic, all that goes on with the children.
They are fed up with their present wife
and for various sexual and other reasons
and they chase another woman, or man
you follow all this?
- this is happening.
And, so there is tremendous suffering in the world
the people who are in prison
the poverty that exists in India and Asia
incredible poverty.
57:37
And the sorrow of a world
of those who live in Totalitarian States.
We were talking the other day to a person
just in Switzerland we met them
and we asked them a question, saying how do you tolerate all this?
He said, 'We get used to it'.
No, no, see what the implications are.
We get used to oppression, suppression, fear
watching always what we are saying, we get used to it.
As we have got used to our own particular little environment
you understand what I am saying?
|
56:13
De même
nous vivons dans la souffrance
peut-être de plus en plus
à cause des divorces: les gens divorcent
et leurs enfants passent par de grandes difficultés
les enfants souffrent
deviennent névrosés subissent tout cela.
Lassé de sa femme actuelle
pour diverses raisons, sexuelle ou autre
et l'on se met en quête d'une autre femme - ou inversement
vous suivez tout ceci?
- c'est bien ce qui a lieu.
Il y a donc une énorme souffrance dans le monde
les prisonniers
la pauvreté en Inde et en Asie
une pauvreté incroyable.
57:37
Et la souffrance
de ceux qui vivent dans les Etats totalitaires.
Nous parlions l'autre jour à une personne
rencontrée en Suisse
et nous lui avons demandé: comment pouvez-vous tolérer tout cela?
'On s'y habitue', répondit-elle.
Non, non, voyez tout ce que cela implique.
Nous nous habituons à l'oppression, à la répression, à la peur
surveillant toutes nos paroles - on s'y habitue.
Comme nous nous habituons à notre propre petit environnement
vous comprenez ce que je dis?
|
|
58:34
So, is it possible to be totally free from sorrow?
If the mind, if the brain is capable
of not indulging in its own misery
in its own loneliness
in its own anxieties, travail and struggle
and you know fear and all that
therefore there is no centre from which you act.
The centre being the 'me'
with all the things that we've included in that
as long as that exists there must be sorrow.
So the ending of sorrow is the ending of 'me', the ego.
Which doesn't mean the ending of 'me' implies
callousness, indifference - on the contrary.
|
58:34
Alors, est-il possible d'être totalement affranchi de la souffrance?
Si l'esprit, si le cerveau est capable
de ne pas se complaire dans son propre malheur
dans sa propre solitude
dans ses propres anxiétés, sa peine et sa lutte
vous savez, la peur et tout cela
il n'y a alors aucun centre à partir duquel vous agissez
- le centre étant le 'moi'
avec tout ce que nous y avons incorporé.
Tant que cela existe, la souffrance est inévitable.
Ainsi, la fin de la souffrance est la fin du 'moi', de l'ego.
Ce qui ne veut pas dire que la fin du 'moi' implique
rudesse, indifférence - au contraire.
|
|
1:00:04
So we know what sorrow is
and never to run away from it
just to live with it, capture it, understand it
go into it at the moment, not a few days later
after you have been through all kinds of struggle
just to never move from that fact.
Then there is no conflict about it.
Then out of that comes a totally different kind of energy
which is passion.
|
1:00:04
Ainsi, nous savons ce qu'est la souffrance
et il s'agit de ne jamais la fuir
seulement de vivre avec elle, de la capturer, de la comprendre
de l'examiner au moment même, pas au bout de quelques jours
après être passé par toutes sortes de luttes
seulement de ne jamais s'écarter de ce fait.
Cela n'engendre alors aucun conflit.
Il en émane alors une énergie d'une toute autre nature
c'est-à-dire la passion.
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1:00:46
So now we'll have to go, if we have time
Beg your pardon?
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1:00:46
Nous pouvons maintenant aborder, si nous en avons le temps
Pardon?
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1:00:54
Q: Twenty seven past….
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1:00:54
Q: 11 heures 27
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1:00:55
K: Oh, we've got some more time.
So we can go into the question of what is death.
All this is necessary to find out what is meditation
you understand?
To be free of hurts, wounds, psychologically
to be free of fear
to understand the whole movement of pleasure
the nature and the structure of thought
and the thought that has created the division:
the 'me' and the thing which is observed is not 'me'
you follow?
- all the divisions.
To understand all this and lay the foundation
then one can really meditate
otherwise you live in illusions
some kind of fanciful day dreaming.
Or you go to Japan, or Burma
I don't know if you can go to Burma nowadays
Japan and learn Zen meditation.
1:02:16
It is all such nonsense!
Because unless you put your house in order
the house that is burning, that is being destroyed
unless you put your house, that is yourself, in order
to sit under a tree in a cross-legged Lotus position
or whatever position you take, is utterly meaningless.
You can delude yourself
you can have illusions galore.
So that is why it is important to understand
and be free of anxiety, fear, attachment
and whether it is possible to find out the ending of sorrow.
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1:00:55
K: Oh, il nous reste du temps.
Nous pouvons donc aborder la question suivante: qu'est-ce que la mort?
Tout ceci est nécessaire pour découvrir ce qu'est la méditation
vous comprenez?
Etre affranchi des vexations, blessures psychologiques
être affranchi de la peur
comprendre tout le mouvement du plaisir
la nature et la structure de la pensée
et la pensée qui a créé la division:
le 'moi', et la chose observée qui n'est pas'moi'
vous suivez?
- toutes les divisions.
Il faut comprendre tout cela et en établir le fondement
alors on peut vraiment méditer
sinon, vous vivez dans l'illusion
une sorte de rêverie fantasmagorique.
Ou vous vous rendez au Japon, ou en Birmanie
- j'ignore si l'on peut se rendre en Birmanie de nos jours -
au Japon et y apprendre la méditation Zen.
1:02:16
Tout cela est tellement inepte!
Car tant que vous ne mettez pas votre maison en ordre
la maison qui brûle, qui se détruit
si vous ne mettez pas votre maison, c'est-à-dire vous-même, en ordre
s'asseoir sous un arbre en tailleur ou en lotus
ou dans toute autre autre position, n'a absolument aucun sens.
Vous pouvez vous bercer d'illusions
avoir pléthore d'illusions.
Voilà donc pourquoi il importe de comprendre
et d'être délivré de l'angoisse, de la peur, de l'attachement
et [de voir] s'il est possible de découvrir la fin de la souffrance.
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1:03:19
Then we can go into the question of death.
I wonder why we are all so frightened of it.
Have you ever asked: what does it mean to end
anything?
What does it mean to end attachment?
To end it.
Say at this moment, sitting there
observing yourself very carefully
and realising that you are attached to a person
or to something or other, ideas, your experience and so on.
To end that attachment now without argument, without etc.
etc.
Just end it.
Then what takes place?
You understand my question?
I am attached to this house, behind me - I hope not!
And realising that I am attached
not theoretically or in abstraction, but actually
the feeling of possessing that
being something there, all that nonsense.
1:05:08
To observe that
be aware of that attachment and end it instantly.
The ending is tremendously important.
The ending of a habit
smoking or whatever habit one has, to end it.
So one must understand what it means to end something
without effort, without will
without asking, 'If I end this will I get that?'
then you are in the market.
When you are in the market place you say
'I will give you this, give me that'
which most of us consciously or unconsciously do.
That is not ending.
To end and find out what happens.
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1:03:19
Nous pouvons alors aborder la question de la mort.
Je me demande pourquoi nous en avons tous tellement peur.
Vous êtes vous jamais demandé: que veut dire mettre fin
à n'importe quoi?
Que veut dire mettre fin à l'attachement?
Y mettre fin
en ce moment même, assis là
en train de vous observer très soigneusement
et de vous rendre compte que vous êtes attaché à une personne
ou à ceci ou cela, à des idées, à vos expériences, etc.
Mettre fin à cet attachement, maintenant, sans discussion, etc., etc.
Simplement, y mettre fin.
Que se passe-t-il alors?
Comprenez-vous ma question?
Je suis attaché à cette maison, là, derrière moi.
J'espère que non!
Et, me rendant compte que j'y suis attaché
non pas théoriquement, de façon abstraite, mais effectivement
j'ai la sensation de la posséder
d'y exister, et toutes ces inepties
1:05:08
Il faut observer cela
être conscient de cet attachement et y mettre fin instantanément.
Le fait de mettre fin est d'une importance capitale
la fin d'une habitude
fumer, ou toute autre habitude: y mettre fin.
Il faut donc comprendre ce que veut dire mettre fin à quelque chose
sans effort, sans volonté
sans demander: 'si je cesse ceci, vais-je obtenir cela?'
Ce n'est alors qu'un marché.
Au marché, vous dites:
'je vous donnerai ceci, donnez-moi cela'
ce que fait la plupart d'entre nous, consciemment ou inconsciemment.
Ce n'est pas là mettre fin.
Il faut mettre fin et découvrir ce qui ce passe.
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1:06:23
So in the same way, death.
Please hold on to it for a minute
don't say, 'Is there life after death?'
'Do you believe in reincarnation?'
As I said, I don't believe in anything.
Full stop.
Including reincarnation.
But I want to find out
one must find out what it means to die.
It must be an extraordinary state.
That is freedom from the known
you understand this?
I know my life, your life.
You know your life very well, if you have gone into it
observed it, carefully watched all the reactions
and your behaviour, your lack of sensitivity
or being sensitive escape into insensitivity
and so on and so on, so on.
1:07:34
You know your life very well, if you have watched it.
And all that is going to end.
Right?
Your attachment is going to end when you die.
You can't carry it with you
but you may like to have it till the last moment.
Right?
So can you end your habit, one habit
without arguing, rationalising, fighting it
you know, say finit terminat, finished, over?
Then what happens.
You will find out only if you don't exercise will.
Right?
'I will give up'
whatever your particular habit is.
1:08:49
Then you are struggling with it
you are battling with it, you are running away from it
suppressing it and all the rest of it goes on.
But if you say
'Yes, I'll end it, it doesn't matter, I'll end it'
see what happens.
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1:06:23
Il en va de même pour la mort.
Je vous en prie, arrêtez-vous là un instant
ne dites pas : 'est-ce qu'il y a une vie après la mort?'
'Croyez-vous en la réincarnation?'
Comme je l'ai dit, je ne crois en rien.
Point final.
Réincarnation comprise.
Mais, je veux découvrir
- il faut découvrir ce que signifie mourir.
Ce doit être un état extraordinaire.
C'est-à-dire, être libéré du connu
vous comprenez ceci?
Je connais ma vie - votre vie.
Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez approfondie
l'avez observée, avez étudié avec soin toutes vos réactions
et votre comportement, votre manque de sensibilité
ou étant sensible, votre fuite dans l'insensibilité
etc., etc., etc.
1:07:34
Vous connaissez très bien votre vie, si vous l'avez observée.
Et tout cela va prendre fin.
N'est-ce pas?
Votre attachement va prendre fin quand vous mourrez.
Vous ne pouvez l'emporter avec vous
mais vous aimeriez peut-être le conserver jusqu'au dernier moment.
N'est-ce pas?
Alors, pouvez-vous mettre fin à vos habitudes, à une habitude
sans discuter, sans la rationaliser, sans la combattre?
Vous savez, c'est fini, terminé, passé.
Que se passe-t-il alors?
Vous ne le découvrirez que si vous ne faites pas intervenir la volonté.
N'est-ce pas?
'Je vais y renoncer'
quelle que soit votre habitude spécifique.
1:08:49
Vous êtes alors en lutte avec elle
vous vous battez contre elle, vous la fuyez
la réprimez, et tout ce qui s'en suit.
Mais si vous dites
'oui, j'y mettrai fin, peu importe, j'y mettrai fin'
voyez ce qui se passe.
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1:09:07
In the same way death implies the ending.
The ending of everything that one has collected during this life:
the furniture, the name, the form
your experiences, your opinions, your judgements
your jealousies, your gods, your worship, your prayers
your rituals, everything comes to an end.
The brain, which has carried immemorial memories
and tradition and thoughts
that brain lacking oxygen peters out.
That is, the 'me' which has collected so much
the 'me' is the collection of all this.
1:10:17
Right? That is obvious. No?
The 'me' is my fear, the 'me' is my attachment
my anger, my jealousy, my fears, pleasure
my attachment, my bitterness, my aggression
that is the 'me'.
And that 'me' is going to come to an end.
That 'me' is projected by thought
which is the outcome of knowledge
the knowledge of my 50, 60, or 30 or 20 or 80 or 100 years
that is the fact, the knowledge, the known.
The ending of the known
which is the freedom from the known, is death, isn't it?
No?
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1:09:07
De la même manière, la mort implique la fin.
La fin de tout ce que l'on a amassé pendant cette vie:
le mobilier, le nom, la forme
vos expériences, vos opinions, vos jugements
vos jalousies, vos dieux, votre culte, vos prières
vos rituels, tout prend fin.
Le cerveau, qui a recueilli des souvenirs immémoriaux
des traditions et des pensées
manquant d'oxygène, ce cerveau cesse d'exister.
C'est-à-dire, le 'moi' qui a tant amassé
le 'moi' est la somme de tout ceci.
1:10:17
N'est-ce pas? C'est évident. Non?
Le 'moi' est ma peur, le 'moi' est mon attachement
ma colère, ma jalousie, mes craintes, mon plaisir
mon attachement, mon amertume, mon agressivité
voilà ce qu'est le 'moi'.
Et ce 'moi' va prendre fin.
Ce 'moi' est projeté par la pensée
laquelle est le fruit du savoir
savoir acquis pendant mes 50, 60, 30, 20, 80, ou 100 années
tel est le fait, le savoir, le connu.
La fin du connu
c'est la liberté à l'égard du connu, c'est la mort, n'est-ce pas?
Non?
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1:11:31
And so one must find out
whether the mind can be free from the known.
Not at the end of 30 years later but now.
The end of the known
which is 'me', the world I live in, all that.
The 'me' is memories - please listen to all this
the 'me' is memories, experiences
the knowledge which I have acquired
through forty, sixty, thirty, twenty, or a hundred years
the 'me' that has struggled
the 'me' that is attached to this house, to this woman
to this man, to this child, to this furniture, to this carpet
the 'me' that is the experience
that I have gathered through a number of years
the knowledge, the pain, and the anxiety, the fears
the jealousies, the hurts, the beliefs being a Christian
love of Jesus, love of Christ, all that is 'me'.
1:12:46
And that 'me' is just a lot of words - no?
A lot of memories.
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1:11:31
Et il faut découvrir
si l'esprit peut se libérer du connu.
Pas au bout de 30 ans, mais maintenant.
La fin du connu
c'est le 'moi', le monde dans lequel je vis, tout cela.
Le 'moi' est souvenirs - écoutez tout ceci, je vous prie
le 'moi' est les souvenirs, les expériences
le savoir que j'ai acquis
pendant quarante, soixante, trente, vingt, ou cent ans
le 'moi' qui a lutté
le 'moi' qui est attaché, à cette maison, à cette femme
à cet homme, à cet enfant, à ce mobilier, à ce tapis
ce 'moi' qui est l'expérience
que j'ai amassée durant bon nombre d'années
le savoir, la douleur, l'anxiété, les peurs
les jalousies, les blessures, les croyances en tant que chrétien
l'amour de Jésus, l'amour du Christ, tout cela est le 'moi'.
1:12:46
Et ce 'moi' n'est qu'un tas de mots - non?
Un tas de souvenirs.
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1:13:01
So can I be free from the known
end the known now
not when death comes and says
'Get out old boy, it is your time'.
Now.
But we cling to the known because we don't know anything else.
We cling to our sorrows, that's our we cling to our life
the life which is pain, anxiety
you know all that, you know all this
that is our daily, miserable life.
And if the mind doesn't cling to it at all
there is an ending to all that.
But unfortunately we never end.
We are always saying
'Yes, all right, I'll end it but what is going to happen?'
1:14:18
So we want comfort in the ending
do you understand sirs?
So somebody comes along and says
'Old boy, believe in this
that will give you tremendous comfort'
All the priests throughout the world come
and pat your shoulder or hold your hand when you are crying
they give you comfort, the love of Jesus
or he will save you, do this and do that.
Do you understand?
We are saying, the ending in which there is no time
the ending of time, which is death - you understand?
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1:13:01
Alors, puis-je être libéré du connu
puis-je mettre fin au connu maintenant
pas quand la mort arrive et dit:
'allez, mon vieux, ton heure est arrivée'.
Maintenant.
Mais nous nous accrochons au connu, car nous ne connaissons rien d'autre.
Nous nous accrochons à nos souffrances, à notre vie
la vie qui est douleur, anxiété
vous connaissez tout cela
c'est-à-dire, notre malheureuse vie quotidienne.
Et si l'esprit ne s'y accroche pas du tout
tout cela prend fin.
Mais nous n'y mettons malheureusement jamais fin.
Nous disons toujours:
'oui, très bien, je vais y mettre fin, mais que va-t-il se passez?'
1:14:18
Nous voulons ainsi que cette fin comporte un réconfort.
Comprenez-vous, Messieurs?
Alors, quelqu'un passe par là et dit:
'allez, croyez en ceci
cela vous procurera un immense réconfort.'
Tous les prêtres de par le monde viennent
vous tapoter l'épaule, ou vous prendre la main quand vous pleurez
ils vous donnent le réconfort, l'amour de Jésus
ou 'il vous sauvera, faites ceci, faites cela'.
Comprenez-vous?
Nous parlons de la fin intemporelle
de la cessation du temps, c'est-à-dire la mort. Comprenez-vous?
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1:15:16
So what takes place when there is the ending of 'me'
the known, and when there is freedom from the known?
Is that ever possible?
It is only possible
when the mind has understood
and put everything in its right place
so there is no conflict.
When there is freedom from this known
what is there?
Do you understand my question?
Do you ask that question?
I'll end my attachment to this house
to that woman, or to that boy or to that girl
I'll end it.
And then what?
Don't you ask that?
1:16:19
If you do ask it, 'then what'
you have approached the whole problem inadequately.
You will never ask that question, 'then what'.
The very question, 'then what'
implies that you have really not actually
dropped, ended something.
It is the lazy mind that says, 'then what'.
Climb the mountain and you will find out
what is on the other side.
But most of us sit on our easy chairs
and listen to the description
and are satisfied with the description.
Finished. Right?
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1:15:16
Alors, que se passe-t-il quand a lieu la fin du 'moi'
du connu, et quand on est libéré du connu?
Est-ce du tout possible?
Ce n'est possible
que lorsque l'esprit a compris
et mis chaque chose à sa juste place
si bien qu'il n'y a aucun conflit.
Quand on est libéré de ce connu
qu'y a-t-il?
Comprenez-vous ma question?
Vous posez-vous cette question?
Je vais mettre fin à mon attachement à cette maison
à cette femme, ou à ce garçon, ou à cette fille.
J'y mettrai fin.
Et alors?
Vous le demandez-vous?
1:16:19
Si vous posez la question: 'et alors'
c'est que vous avez abordé tout le problème de façon inadéquate.
Vous ne poserez jamais cette question 'et alors'.
Le fait même de poser la question 'et alors'
implique que vous n'avez pas réellement
abandonné, mis fin à quoi que ce soit.
C'est un esprit paresseux qui dit 'et alors'.
Gravissez la montagne et vous découvrirez
ce qu'il y a de l'autre côté.
Mais la plupart reste confortablement assis dans le fauteuil
écoutant la description
et se satisfaisant de la description.
Terminé. D'accord?
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