SA80T4 - Briser le moule du conditionnement

4e causerie
Saanen, Suisse
13 juillet 1980
Version texte uniquement
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0:38
Pouvons-nous poursuivre ce dont nous parlions lors des 3 dernières causeries?
Certains d'entre vous sont peut- être ici pour la première fois
ou n'ont pas assisté aux autres causeries
aussi devrions-nous, si cela ne vous fait rien
revenir un peu sur ce qui a été dit précédemment.
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1:16
Apparemment, l'homme existe depuis cinq ou six millions d'années
et tout au long de cette période d'évolution
l'homme n'a pas pu résoudre, tant extérieurement qu'intérieurement
l'immense problème du conflit
non seulement son propre conflit intérieur
mais les conflits extérieurs, les guerres, les massacres.
Et tel est le schéma qui a prévalu pendant tous ces millénaires
c'est ce fil, ce moule, ce schéma que le cerveau a suivi.
Et nous continuons sans relâche à suivre
ce même torrent de misère
de confusion et de grande souffrance, tant intérieurement qu'extérieurement.
2:39
Et si l'on est tant soit peu sérieux et préoccupé
par ce qui se passe dans le monde
et aussi en soi-même
il faut se demander, ou discuter, ou découvrir
pourquoi le cerveau, l'esprit...
- nous nous servons du mot 'esprit' pour couvrir les sensations
toutes les émotions, les réactions
et les réponses de la pensée
tout cela est le cerveau, l'esprit et le cœur
la totalité de la structure psychologique des êtres humains
tant biologiquement que psychologiquement -
pourquoi nous autres êtres humains, prétendument éduqués
évolués, sophistiqués, cultivés
pourquoi nous vivons dans ce monde, nous entretuant
étant divisés par les religions
les nationalités
par toutes les divisions destructrices
que la pensée a créées entre les êtres humains.
4:34
Et est-il possible
d'amener un changement dans la structure même du cerveau?
Voilà de quoi nous avons parlé au cours des trois dernières causeries.
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4:58
Et nous avons aussi dit qu'il ne s'agit pas d'une causerie
donnée par la personne assise sur cette estrade, dispensant des idées.
D'innombrables idées ont existé dans le monde
d'innombrables idéologies
tant totalitaires que marxistes, léninistes, maoïstes, ainsi que
toutes les idéologies de gauche, du centre et de droite
et leurs extrêmes.
Et toutes ces idéologies ont été très, très destructrices
qu'elles aient été religieuses, politiques ou économiques.
Et le cerveau, l'esprit
toute la structure psychologique de l'homme
a suivi ce schéma
a vécu dans ce moule.
Et, comme nous l'avons dit, ceci n'est pas une causerie donnée par l'orateur.
6:24
Nous sommes en train de penser ensemble à ce problème - ensemble.
Vous ne vous contentez pas d'écouter et d'être d'accord ou en désaccord
et rentrer chez vous, ayant peut-être été un peu intéressé
intellectuellement diverti.
Mais je crains que tel ne soit pas le but de ces réunions.
Nous effectuons le voyage ensemble
réfléchissons ensemble.
(...
) Ayez l'obligeance de prêter un peu d'attention à tout ceci
car nous sommes tous des êtres humains
que nous vivions en Russie, à l'Est, à l'Ouest, au Sud ou au Nord.
Nous passons tous par beaucoup de tourments
de misère, d'angoisse, par le fardeau des peurs, et de la souffrance.
C'est là le lot commun de l'homme, de l'humanité.
7:43
Et c'est le lot commun de cet être humain, assis ici, sous la tente
qu'il soit d'Est
d'Ouest, du Nord ou du Sud - nous sommes l'humanité.
Nos cerveaux et nos esprits
ne sont pas des cerveaux et des esprits individuels
c'est l'esprit de l'humanité.
Je sais que beaucoup d'entre vous ne seront pas d'accord
mais si vous examinez la chose impartialement, objectivement
scientifiquement, vous verrez que ce cerveau ne vous appartient pas
ni à moi, c'est le cerveau des êtres humains
qui a évolué pour en arriver à l'état
dans lequel nous nous trouvons.
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8:54
Et nous avons demandé, examiné, observé - sans analyser
pourquoi l'esprit humain a vécu dans ce désespoir, cette dépression
pourquoi les êtres humains n'ont pas
au cours de tous ces millénaires, changé radicalement.
C'est là le problème.
C'est de cela que nous avons parlé ensemble.
Parlé ensemble, non pas écouté l'orateur
en se disant 'bien, c'est de la théorie, ou de l'ineptie orientale'
et toute cette absurdité.
La pensée n'est ni orientale ni occidentale.
Je pense que c'est là le fait fondamental.
10:05
En Occident, vous pouvez penser selon certains critères
scientifiques, industriels, etc
et en Orient, cela peut différer
mais c'est essentiellement la pensée, l'acte de penser
qui nous est commun à tous.
Le lot de l'homme est de penser.
Et l'acte de penser n'est pas plus propre à vous qu'à moi, il est commun.
Et cette pensée
née du savoir, de l'expérience, de la mémoire
cette pensée a créé le monde industriel
a construit des ponts extraordinaires, magnifiques
a fait de grandes inventions scientifiques
chirurgicales, médicales; et la pensée a aussi créé les guerres.
11:21
La pensée a créé toute l'architecture
belle et laide
toutes les grandes peintures, les statues, et la musique.
La pensée a aussi créé tout ce qui se trouve dans les cathédrales
dans les temples, dans les mosquées.
Et la pensée a divisé le monde religieux
en christianisme, hindouisme, bouddhisme, etc.
Ce sont tous des faits.
Ce n'est pas une invention de l'orateur.
Ce sont là des faits évidents, observables.
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12:16
Et nous avons vécu ainsi
tribalement, ce qui est devenu de la nationalité glorifiée.
Et ce cerveau
a été façonné selon un certain schéma
et a conn un certain mode d'existence:
souffrant, exigeant, obéissant, désobéissant, se conformant
et se révoltant contre le conformisme - c'est le schéma qui a été le sien.
Et toute personne sérieuse doit nécessairement se demander
s'il est possible de briser ce schéma
et de vivre tout autrement
sans guerre, sans animosité, sans anxiété, peur, souffrance.
Et si vous êtes désireux
et naturellement capable
de penser ensemble, nous pouvons découvrir par nous-mêmes
si c'est possible ou non.
Voilà plus ou moins
de quoi nous avons parlé au cours de ces trois dernières causeries.
N'est-ce pas?
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14:13
Alors on observe son propre esprit...
- pas l'esprit de l'orateur
pas les mots qu'il prononce
qui sont des mots ordinaires, des termes non techniques
il n'emploie pas de termes techniques, de jargon, etc
mais un anglais courant, de tous les jours.
En outre, qu'il soit permis de le souligner
nous ne nous livrons pas à une quelconque propagande
ne vous demandons pas d'adhérer à
une quelconque communauté, ni de suivre un quelconque gourou.
Tout cela est stupide
les adultes ne font pas ces choses là.
Les gens immatures le font.
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15:20
Notre question est donc la suivante:
pourquoi le cerveau, qui a tant de capacité
pourquoi n'a-t-il pas résolu ses propres problèmes
pourquoi vit-il de cette manière?
Et, comme nous l'avons dit l'autre jour
et nous le répéterons encore, s'il est permis:
la pensée est le noyau - est au centre de toute cette peine.
La pensée est née du savoir, de l'expérience
qui devient de la mémoire conservée dans les cellules cerébrales.
La pensée est donc un processus matériel.
Nous en avons discuté avec divers scientifiques
des spécialistes du cerveau
certains d'entre eux sont d'accord, d'autres pas, naturellement!
16:49
C'est leur jeu.
certains sont d'accord, d'autres pas, à tous propos.
Mais la pensée a été au centre de toute cette lutte humaine
de cet ardent désir qu'a l'homme de se surpasser
cet ardent désir de trouver Dieu, s'il existe
de découvrir ce qu'est l'illumination
s'il existe quelque chose au-delà du temps
au-delà de la pensée humaine, qui soit éternel, et ainsi de suite.
Et l'exercice de la pensée remonte donc aux origines.
Et la pensée a
fabriqué l'image selon laquelle l'homme doit croître
évoluer, devenir quelque chose.
18:13
J'espère que vous suivez tout ceci.
Je vous en prie, ce n'est pas l'orateur que vous suivez
mais vous-même.
Il n'y a ni maître, ni disciple.
C'est la vérité.
Il n'y a ni disciple, ni leader dans le monde de l'esprit
il y a seulement l'acte d'apprendre
non pas apprendre ce que quelqu'un souhaite vous transmettre
mais apprendre dans l'action.
Nous allons aborder cela dans un moment.
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19:21
Donc, ensemble, nous examinons
faisons un voyage dans la très, très grande complexité de la vie humaine
une immense compexité.
Et pour pouvoir pénétrer cette complexité
l'esprit doit être libre de tout attachement
de tout lien à quoi que ce soit, à votre gourou, à vos conclusions
à vos concepts, vos idées, etc
car quand vous êtes attaché à quelque chose
quand vous êtes engagé dans une certaine religion
un certain système de pensée
une certaine méthode de méditation
une certaine méthode, ou croyance, etc., etc
cet engagement même amène la corruption.
20:42
Par conséquent, un esprit engagé
qui prend parti, qui croit
ne peut nullement pénétrer, découvrir
si cet exprit peut se transformer lui-même.
N'est-ce pas?
Je sais qu'il est très difficile d'admettre ceci
car chaque être humain veut être engagé dans quelque chose
il se sent en sécurité dans cet engagement.
On se sent en sécurité si l'on a un leader
si l'on a un gourou, un certain système
et si l'on est attaché à une personne quelconque.
Si l'on est attaché à qui que ce soit
on peut voir naître la corruption
car cet attachement comporte la peur, la haine, l'anxiété.
22:24
De même, si l'on est attaché à une idée ou à une croyance
à un concept, à une certaine image ou au symbole d'une religion
la corruption est alors inévitable.
Et l'un des facteurs de cette corruption est l'autorité.
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22:57
Sommes-nous ensemble?
Ou êtes-vous assis séparément, là-bas, et l'orateur ici?
Nous le sommes physiquement
mais y a-t-il entre nous une quelconque communication?
Y a-t-il entre nous une quelconque observation commune de ce facteur?
Voyons-nous tous deux la chose, pas seulement intellectuellement
verbalement, mais comme un fait - le fait.
Ce micro est un fait.
Pouvons-nous voir en nous-mêmes, le fait
que tant qu'on est engagé, attaché, lié à quelque chose
à une personne, une croyance, un concept, il y a inévitablement corruption?
Que l'on soit marxiste
léniniste, maoïste, ou attaché au dernier gourou venu
ou attaché à un certain système, il y a inévitablement corruption.
24:31
Voyons-nous cela comme un fait?
Si je suis lié à l'idée que je suis un hindou
voyez ce qui se passe.
Ou si vous êtes engagé en tant que catholique, protestant, bouddhiste
ou appartenez à quelque secte, concept théologique ou démocratique
vous êtes lié et, par conséquent, vous n'êtes pas libre d'examiner.
Et la liberté est nécessaire.
Et l'autorité
particulièrement dans le monde de l'esprit, du cœur, du cerveau
c'est suivre quelqu'un
admettre certains concepts théologiques ou théoriques
dispensés par Marx, etc., ou par quelqu'esprit asiatique ou indien.
26:00
Si vous admettez cela, et vous y conformez mentalement
dans vos actes, etc
c'est là la base même de l'autorité et de la corruption.
Le voyons-nous ensemble?
Il ne s'agit pas seulement de le voir intellectuellement
parce que cela a été expliqué avec beaucoup de soin
que c'est verbalement très clair
mais de le faire
de voir les conséquences de cet attachement
comment il a divisé le monde en un tel chaos.
Et est-il possible d'être sa propre lumière
et non la lumière d'un autre?
Car notre esprit a été formé, a évolué
et a accepté l'autorité.
Non seulement l'autorité extérieure de la loi
qui est nécessaire
mais l'autorité psychologique
la soi-disante autorité spirituelle.
27:56
Nous sommes devenus les esclaves de cette autorité.
Nous sommes donc contrôlés, modelés par, et de connivence avec
ceux qui disent 'nous savons, nous sommes arrivés
nous allons vous dire quoi faire, suivez-nous'.
'Nous allons vous mener au paradis, vous sauver de vos pêchés'
et toute cette affaire qui a lieu dans le monde.
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28:48
Un tel esprit
engagé ne peut jamais être libre.
Et sans liberté, on ne peut jamais découvrir ce qu'est la vérité.
Alors, pourrions-nous
prêter attention au fait évident suivant:
nous sentant incapables d'être autonomes
nous cherchons toujours un appui auprès de quelqu'un
qu'il s'agisse du mari ou l'épouse
de la petite amie ou de l'ami
ou de deux amis entre eux.
Pensant apprendre, cherchant un appui ou un réconfort auprès d'un autre
nos cerveaux se sont mis sous la dépendance de l'autorité de l'esprit.
Si vous êtes sérieux, prêtez un peu d'attention à ceci, je vous prie.
30:25
Nos esprits ont donc été conditionnés à accepter l'autorité spirituelle
le prêtre, le gourou, celui qui dit...
'je suis illuminé et je vous mènerai donc à cela'.
Celui qui est illuminé
quand il prétend l'être, il ne l'est pas
car l'illumination n'est pas une chose qui peut s'expérimenter
c'est un état d'esprit au-delà de toute pensée.
Nous aborderons cela plus tard, quand nous parlerons de la méditation, etc.
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31:21
Alors, votre esprit, votre cerveau
qui a été formé à accepter l'autorité
et qui a donc sa propre discipline
ce cerveau peut-il se libérer immédiatement de cette autorité...
- pas de l'autorité de la loi, pas de celle de l'agent de police.
Vous pourriez être en désaccord avec l'agent de police
mais il est censé veiller au respect de l'ordre public
de la loi prescrivant qu'il faut tenir sa droite dans ce pays-ci
et de tenir sa gauche en Angleterre, etc.
Alors, en écoutant ceci, pouvez-vous
voir les conséquences découlant de l'acceptation de l'autorité extérieure:
l'autorité de Dieu - vous comprenez?
32:38
le Dieu qu'a inventé la pensée
et l'autorité de la prêtrise du monde entier qui dit...
'je vais vous aider à atteindre, à parvenir'.
Vous suivez tout ceci?
Car lorsque vous acceptez une telle autorité
vous engendrez invariablement le désordre
non seulement en vous-même, mais encore le désordre
qui amène la création de diverses autorités:
les autorité islamiques
les autorités bouddhistes (rires), etc.
Elles se disputent toutes.
Et comme me le disait un gourou très connu:
'j'ai commencé par deux disciples, et j'en ai maintenant dix mille'.
Vous comprenez tout ceci, Messieurs?
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34:17
Ainsi, quand il y a acceptation
de l'autorité psychologique, soi-disant spirituelle
l'autorité de l'esprit, l'intériorité
il y a forcément désordre, car elle amène en soi le conflit.
Peut-être direz-vous 'j'accepte cette autorité parce qu'elle me plaît
elle m'apporte de l'aide, me procure le sentiment d'être protégé'
Alors, vous dépendez de quelqu'un d'autre
et quand vous dépendez d'un autre, il en résulte la peur
la division, et tous les conflits qui ont lieu
entre ce que vous êtes et ce que vous devriez être.
N'est-ce pas?
35:34
Donc, l'esprit, - y compris le cerveau
l'esprit a donc vécu selon ce schéma
qui est le schéma du désordre.
Regardez vos propres esprits, inutile de...
Regardez votre propre esprit, comme il est en désordre.
Désordre signifie conflit:
conflit entre ce qui a lieu
les réactions, les réponses, les réflexes
et l'autorité, les sanctions
la soi-disante dictature illuminée
et le fait de ce que vous êtes - le conflit
c'est-à-dire toujours le désir de devenir quelque chose.
N'est-ce pas?
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36:57
Le cerveau a donc vécu dans ce désordre
allant d'un gourou à un autre
si vous ne trouvez pas l'illumination ici
vous partez pour le Japon, ou pour l'Inde...
- c'est là le dernier racket.
Monsieur, la vérité est là où vous vous trouvez
pas en Inde, ni dans aucun autre pays, ou chez quiconque.
Elle est là où vous êtes
là où vous êtes, avec votre cortège d'ennuis, de soucis
de dépressions et de malheurs.
Vous devez y mettre fin et aller au-delà.
Absolument personne ne peut vous procurer
cette liberté à l'égard de la souffrance, de l'angoisse.
Vous seul le pouvez.
Il est donc vain et inutile de se rendre dans divers pays
pour y chercher diverses autorités spirituelles
et vivre dans leurs camps de concentration appelés ashrams
c'est le jeu auquel nous nous sommes tous livrés depuis des millénaires.
38:43
Il n'y a rien de nouveau là-dedans.
Les prêtres du monde occidental s'y livrent depuis 2000 ans.
Et en Inde, ils s'y adonnent depuis bien plus longtemps encore.
C'est donc là qu'est la cause de notre conflit
parce que nous nous tournons vers un autre.
Et, tout en écoutant, tout en réfléchissant ensemble
en entreprenant le voyage, parcourant le même sentier...
- pas mon sentier ni le vôtre, mais le sentier de l'observation -
vous est-il possible de voir ce qu'est devenu votre esprit, votre cerveau
et de mettre fin à ce sentiment d'autorité spirituelle, immédiatement
afin que vous, qui êtes l'humanité...
- vous êtes l'humanité, vous n'êtes pas un individu
parce que vous passez par le même goulot d'angoisse, de malheur
d'incertitude, de peur, de plaisir, de souffrance
comme tout un chacun en ce monde
vous êtes donc l'humanité, vous êtes
le monde et votre cerveau est le monde.
40:35
Et voyez instantanément la vérité de ce fait
qu'en essence le conflit
survient quand vous acceptez l'autorité
l'autorité spirituelle d'un autre.
Et ce conflit vient non seulement de là
mais encore de notre incapacité d'observer effectivement
ce qui se passe en soi
sans aucune déformation, aucun jugement - observez le simplement.
Car il nous faut vivre dans l'ordre.
L'ordre est absolument essentiel.
Il n'y a pas d'ordre relatif.
Il n'y a qu'ordre ou désordre.
Vous comprenez ce que nous avons dit?
Soit il y a ordre complet, total
soit il n'y a que désordre.
41:59
Cela ne se trouve pas entre les deux.
Ce qu'il y a entre les deux est le désordre.
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42:13
Il faut donc découvrir ce qu'est l'ordre.
Découvrir tout d'abord ce qu'est l'ordre absolu.
L'ordre absolu existe
car le cosmos...
- cosmos signifie ordre.
L'univers est en ordre.
Mais nous autres, êtres humains, vivons dans le désordre.
La nature est en ordre, mais quand l'homme intervient dans la nature
il y amène le désordre, car il est lui-même dans le désordre.
N'est-ce pas, Messieurs?
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43:39
Qu'est-ce alors que l'ordre?
Est-ce la fin du conflit?
Allons doucement.
Nous allons aborder cela très attentivement, pas à pas.
Attention, vous n'êtes pas en train de suivre l'orateur.
Vous êtes en train d'observer votre propre structure.
Là, le mot 'structure' signifie mouvement.
Votre propre mouvement
parce que vous êtes une entité vivante.
On peut voir une chose morte
mais comme vous êtes une chose vivante, c'est un mouvement.
Et ce mouvement de vie est désordre.
Il peut nous arriver de connaître une certaine paix, une tranquillité
mais la tranquillité, la paix et le silence
cultivés par la pensée au moyen d'une prétendue méditation
ou de toutes sortes de stratagèmes, ce n'est pas le silence, la paix.
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45:21
Nous pensons donc maintenant ensemble - j'entends bien 'penser ensemble'.
Je ne vous dis pas ce qu'est l'ordre
c'est-à-dire qu'il vous faut vivre de telle ou telle façon.
Nous pensons ensemble afin de découvrir par nous-mêmes
s'il existe un ordre absolu.
Ou bien l'homme doit-il vivre éternellement dans le désordre?
Le désordre et l'ordre ne peuvent donc cohabiter.
Un esprit désordonné ne peut trouver l'ordre.
C'est simple.
Il nous faut donc découvrir ce qui amène en nous le désordre.
N'est-ce pas?
Et non essayer de découvrir ce qu'est l'ordre.
Ce serait comme un aveugle, un ignorant cherchant le paradis.
Par aveugle, j'entends quelqu'un d'ignorant.
Il lui faut d'abord s'affranchir de l'ignorance.
Un esprit désordonné ne peut donc jamais découvrir ce qu'est l'ordre absolu.
47:08
Alors, qu'est-ce qui cause le désordre?
Comme nous l'avons dit l'autre jour
quand il y a une cause, il y a forcément une fin à cette cause.
C'est une loi.
N'est-ce pas?
Je ne sais si vous le voyez.
Là où il y a un commencement, il y a nécessairement une fin.
S'il y a une cause à une douleur physique - n'est-ce pas?
-
celle-ci peut prendre fin, soit par la mort, soit par un moyen curatif.
Si vous avez très mal aux dents
la cause en est une infection
et cette infection qui provoque la douleur peut être terminée.
N'est-ce pas?
Il y a donc nécessairement une cause au désordre.
Vous suivez tout ceci?
D'accord?
Sommes-nous ensemble, même un peu, pendant un petit moment?
D'accord?
On y va?
Bien.
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48:41
Nous disons qu'il y a nécessairement une cause à ce désordre.
Quelle est la cause?
Y a-t-il plusieurs causes au désordre de notre vie
ou n'y a-t-il qu'un seul facteur générateur de désordre?
Vous comprenez ma question?
- pas ma question, votre question.
Tout d'abord, sommes-nous conscients de vivre dans le désordre?
Je pense que c'est assez clair.
C'est le cas.
Peut-être avons-nous quelques rayons de soleil
mais la plus grande partie de la journée, nous vivons comme maintenant
sous la pluie et les nuages.
Nous ne parlons donc pas de fragments d'ordre
ce qui n'est en réalité que l'oubli du désordre.
Alors, quelle en est la cause?
Ou y a-t-il plusieurs causes?
Il y a assurément désordre quand il y a contradiction
non seulement dans vos actes
c'est-à-dire non seulement dans votre pensée, dans votre comportement
50:32
la contradiction consistant à dire une chose et en faire une autre.
Evidemment.
Et il y a nécessairement désordre tant que nous nous conformons...
- n'est-ce pas?
-
nous conformant à une idée, à un idéal
à une image créée par un autre...
- n'est-ce pas?
-
c'est-à-dire
tant qu'existe en nous une contradiction
entre l'action et le fait
entre ce que nous pensons et ce que nous faisons.
N'est-ce pas?
A savoir: tant que l'homme, l'esprit
cherche à changer 'ce qui est' en 'ce qui devrait être'
il y a forcément désordre.
Le monde totalitaire communiste a ses théoriciens
selon Marx et Engels, Lénine et Staline
qui ont créé un concept
un monde idéologique
et ces gens, forts de leur autorité
de leur pouvoir, modèlent l'homme pour qu'il s'y conforme.
52:32
Vous suivez?
C'est ce qu'ont fait toutes les religions.
Il n'y a pas grande différence...
- peut-être y en a-t-il une, dans une certaine mesure -
entre le monde totalitaire, le monde religieux et les fascistes.
Ils suivent tous la même voie
que ce soit avec modération, douceur, ou avec contrainte
agressivité, terreur, mais il s'agit de la même orientation.
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53:14
Est-ce donc là la racine de cette cause du désordre?
Doucement, je vous prie.
Ne dites pas aussitôt 'c'est cela'. Réfléchissez-y.
Ou il y a sûrement désordre
tant que la pensée domine nos actes.
Car, comme nous l'avons dit, la pensée est la réponse de la mémoire.
Cette mémoire résulte de l'expérience, du savoir
emmagasinés dans le cerveau, dans les cellules.
Donc la pensée est toujours limitée
parce que le savoir est toujours limité.
Il ne peut y avoir de savoir complet.
N'est-ce pas?
Suivez-vous tout ceci?
Voyez ce que l'homme a fait.
Il sait probablement, profondément, inconsciemment
qu'il ne peut y avoir de savoir complet sur quoi que ce soit
alors il dit: 'Dieu'...
- quoi qu'il soit -
'est omnipotent, omniscient', etc., etc., etc.
54:57
Alors, regardez ce qu'il a fait:
connaissant ses limites - son savoir est forcément toujours limité -
il crée une chose, c'est-à-dire le savoir total, omniscient
et se débat pour atteindre cela.
Vous voyez le jeu?
Vous voyez ce que l'homme fait sans cesse.
Nous demandons donc ceci:
la pensée est-elle responsable du désordre?
Je vous en prie, ceci demande beaucoup de réflexion
ne vous contentez pas de dire oui ou non.
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55:47
La pensée a créé l'opposé
pas le fait, mais l'opposé.
Ainsi, je suis malheureux
mais j'ai connu le bonheur à une certaine époque
et le souvenir de cet état
est en contradiction avec 'ce qui est' - vous suivez?
Oui?
Je me le demande.
La pensée a donc créé l'opposé, c'est-à-dire un non-fait.
Le fait est ce qui se passe, ce qui a lieu.
Le fait est que les êtres humains sont violents.
C'est là un fait.
56:47
Mais la pensée a dit 'je dois parvenir à la non-violence'
c'est-à-dire l'opposé de 'ce qui est' - n'est-ce-pas?
Il y a donc conflit.
Mais s'il n'y a pas d'opposé
il ne reste que ceci, et l'on peut alors s'occuper de ceci.
Vous suivez?
Vous pouvez toujours agir sur des faits
mais pas sur des non-faits.
Je me demande si vous le voyez.
Est-ce que je complique trop la chose?
Est-ce trop abstrait?
Non, je crains que ce soit trop pratique! (Rires)
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57:43
Est-ce donc là la cause fondamentale de notre désordre?
Vous suivez?
La cause est de vouloir devenir quelque chose
de toujours s'efforcer de devenir.
Je suis ignorant, je dois en savoir plus.
Je ne connais pas l'illumination, je dois parvenir à l'illumination.
Mon esprit est en conflit, il bavarde
je dois l'apaiser.
Cela part du même principe
que l'employé qui devient cadre
le curé de paroisse qui devient évêque
et l'évêque qui devient cardinal
et le cardinal qui devient pape.
Vous comprenez?
C'est le même principe.
Est-ce là la cause de notre désordre?
58:47
On voit que l'on vit dans le désordre
et la pensée dit alors 'je dois vivre dans l'ordre'.
Elle crée donc un modèle d'ordre
un système de valeurs c'est-à-dire l'ordre
un schéma de comportement - vous comprenez?
Etant dans le désordre, la pensée crée alors ce qu'elle croit être l'ordre
et le conflit commence.
Alors, est-ce là la cause du désordre de notre existence quotidienne?
Si c'est la cause, il peut y être mis fin.
Un instant ici.
Suivez attentivement, je vous prie: il peut y être mis fin.
Votre prochaine question est celle-ci: comment?
Vous voilà revenu au vieux principe suivant:
'dites-moi quoi faire'.
1:00:07
Vous suivez tout ceci?
Oh, pour l'amour du ciel, allons Monsieur!
Bien?
On voit ce fait
que la pensée crée l'opposé
et l'opposé prend alors de l'importance
en vue de soulager, de dépasser le fait.
C'est-à-dire, supposons que l'on soit violent.
[La pensée] crée alors l'opposé
pensant qu'en créant l'opposé
elle pourra, par le conflit, être délivrée de la violence.
Mais le conflit lui-même est violence.
Je me demande si vous comprenez tout ceci!
Bien?
Pouvons-nous poursuivre?
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1:01:12
Alors: l'esprit qui a vécu dans le schéma des opposés
c'est-à-dire le schéma des non-faits...
- par exemple, lorsqu'il y a violence, c'est là un fait
la non violence est un non-fait
l'idéal est un non-fait...
- alors, l'esprit peut-il vivre, regarder, observer seulement le fait
sans s'écarter du fait?
Je me demande si vous avez compris ceci.
S'écarter signifie réprimer
essayer de dépasser, d'éviter le fait, de l'analyser
ce qui équivaut à s'écarter du fait de la violence.
N'est-ce pas?
Le faites-vous pendant que nous en parlons?
Ou vous laissez-vous seulement bercer par les mots?
1:02:23
Le cerveau a donc vécu dans ce schéma de fait et de non-fait...
- n'est-ce pas?
- créant ainsi le conflit.
Quand on en voit la futilité, l'absurdité
il ne reste alors plus que le fait.
N'est-ce pas?
Alors, comment observez-vous le fait?
Etes-vous fatigué?
Pouvons-nous poursuivre?
Comment observez-vous le fait?
Le fait étant la violence.
Nous avons dit que la violence est un état de contradiction
un état consistant à suivre quelqu'un
spirituellement, philosophiquement, idéalement, psychologiquement
suivre quelqu'un, d'où une division entre vous et cela
le gourou et vous, et ce malin gourou dit 'nous ne faisons tous qu'un'.
1:03:45
Vous suivez? Voilà le jeu auquel ils se livrent!
Nous disons donc ceci:
pouvez-vous observer le fait
sans le moindre mouvement tendant à vous en écarter?
N'est-ce pas?
Pouvons-nous poursuivre?
Nous disons donc ceci: comment observez-vous le fait?
Lui donnez-vous une orientation?
Vous comprenez ce que je veux dire?
Regardez-vous le fait avec un motif
ce qui revient à l'orienter, n'est-ce pas?
Je vous en prie, ceci demande une formidable attention.
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1:04:53
Nous disons ceci: comment observez-vous le fait?
Il n'y a que le fait.
N'est-ce pas?
Pas son opposé.
Le fait est donc capital - pas 'comment traduire le fait'.
N'est-ce pas?
Car autrement, le traducteur du fait
traduit à partir d'un savoir pré-existant - n'est-ce pas?
et par conséquent, quand il traduit le fait
il s'en écarte.
N'est-ce pas?
Dormez-vous tous?
Alors, existe-t-il une observation sans le traducteur
sans l'interprète, sans l'observateur?
S'il y a division entre le traducteur et le fait
cela crée évidemment le conflit.
1:06:20
Vous suivez ceci?
Donc, mettre fin au conflit nécessite l'absence de traducteur.
Il n'y a alors plus qu'observation pure.
Et quand il y a observation pure, le fait n'existe pas.
Je me demande si vous le voyez.
Vous avez compris?
Vous comprenez?
Tant que le traducteur fait quelque chose, il crée le fait.
Mais si le traducteur, l'interprète, le penseur, l'observateur
n'est pas, le fait est inexistant.
Je vais vous montrer pourquoi.
Tout ceci vous intéresse-t-il?
Non, non, - faites-le!
Autrement, cela n'a aucune valeur
cela devient alors un jeu intellectuel.
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1:07:35
Qu'est-ce que le fait?
Le fait est la violence.
Je prends cet exemple là.
Le fait est la violence.
Qu'est-ce que la violence?
L'imitation, n'est-ce pas?
Le conformisme, la comparaison, la colère, la haine - n'est-ce pas?
la jalousie, la peur, la souffrance.
Toutes ces choses sont des faits.
La dépression, l'exaltation
la souffrance, tout cela est un fait.
Quand vous dites que c'est un fait, qu'est-ce que cela signifie?
Est-ce un fait, parce que vous vous êtes souvenu de cette chose
qui a lieu en ce moment par rapport au passé, vous suivez?
Vous suivez ceci? Non.
1:08:46
Je suis avide maintenant.
Le mot 'avide' n'est pas le fait, n'est-ce pas?
Bien?
Mais en me servant du mot 'avide', je l'ai identifié
parce que je m'en suis servi précédemment.
N'est-ce pas?
C'est la reconnaissance préalable du fait
de ce qui est en train d'avoir lieu que nous appelons un fait.
Travaillez-vous aussi avec moi?
Ainsi, en le nommant, vous l'avez reconnu.
N'est-ce pas?
Et vous l'avez ainsi situé dans le passé.
Voyez ce que nous avons fait.
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1:09:59
Prenez un exemple très simple: on est en colère.
Au moment où se produit la colère, il n'y a aucune reconnaissance de colère.
Il n'y a qu'un réflexe à une offense, ou à ce que vous voudrez.
Une réaction.
Au moment de la réaction, on ne se dit pas 'bon sang, je suis en colère'.
Ceci n'a lieu que quelques secondes plus tard.
Pourquoi?
Parce que l'esprit, la pensée a reconnu le fait
d'après un souvenir du passé.
N'est-ce pas?
Il agit donc sur 'ce qui est' en termes du passé - n'est-ce pas?
ce qui crée alors le conflit.
1:11:03
Suivez-vous ceci?
Alors, existe-t-il une observation sans le mot
sans le souvenir: 'ceci est la violence'?
Vous comprenez?
Dès l'instant où commence le processus de reconnaissance...
- la pensée - cela devient un non-fait.
N'est-ce pas?
Est-ce trop difficile?
C'est assez simple, n'est-ce pas?
Je suis en colère...
- je ne l'ai jamais été, mais admettons-le -
et au moment où la colère a lieu
il n'y a que cette production d'adrénaline.
Puis, quelques secondes plus tard, la pensée dit 'j'ai été en colère'
ce qui est une reconnaissance
de ce qu'a eu lieu en termes du passé.
1:12:15
N'est-ce pas?
Par conséquent, le passé et le présent sont en conflit.
Alors, pouvez-vous
observer sans le mot
pouvez-vous observer sans le traducteur
le penseur qui dit 'je m'en souviens, et cela c'est reproduit'?
Ce qui a lieu ne s'est jamais reproduit.
Je me demande si vous le voyez.
Ce n'en est que le souvenir
à partir duquel vous dites: 'cela s'est reproduit'.
C'est trop pour vous! (Rires)
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1:13:26
Tel est le schéma que l'esprit
le cerveau et donc la pensée a établi
le conflit dans lequel il vit depuis des temps immémoriaux.
Et nous disons que la cause est là.
Et là où il y a une cause, il peut y être mis fin.
La cause est
la division existant entre ce qui est en train d'avoir lieu
et ce qui ne devrait pas avoir lieu, l'idéal.
L'idéal est donc un non-fait, toujours.
Il n'y a que ce qui a effectivement lieu.
Ce qui a effectivement lieu, c'est mon anxiété
ma peur, ma solitude désespérante.
Et quand il y a observation de cette solitude
le mot dit 'je sais ce que signifie être dans la solitude
parce que j'ai connu cela dans le passé'.
1:14:48
Le passé est donc en conflit avec le présent.
Comprenez-vous cela?
Y a-t-il donc une observation sans le passé?
Bien sûr que oui.
A ce moment là, il n'y a pas de fait.
C'est le traducteur, le penseur
l'interprète, l'observateur, qui crée le fait.
Je me demande si vous le voyez?
Vous comprenez?
Le fait est que je suis en colère.
Dès l'instant où je le noie dans beaucoup de mots et d'idées
je lui donne de l'importance et je le renforce.
Dès l'instant où je cesse de lui attribuer une histoire liée au passé
il s'évanouit, - vous comprenez?
Faites-en l'essai. Faites-le Monsieur!
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1:16:00
Nous disons donc ceci:
la cause du désordre est ce conflit
entre ce qui est en train d'avoir lieu et ce qui devrait être.
S'il n'y a pas d'opposés, la non-violence - vous comprenez?
-
je dois alors agir avec la chose telle qu'elle est.
Je me demande si vous êtes actif.
Vous comprenez ceci?
Nous disons donc
que l'homme a vécu dans le désordre
et a été en quête de quelqu'un d'autre
d'un agent extérieur qui puisse faire disparaître ce désordre
à la fois politiquement, économiquement
et religieusement - soi-disant spirituellement.
Dès l'instant où il a fait cela, il a créé la division.
N'est-ce pas?
Là où il y a division, il y a forcément conflit:
le juif et l'Arabe, le musulman et l'hindou
le chrétien et le non-chrétien.
Donc, seul le fait existe, et pas le non-fait.
Quelle heure est-il?
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1:17:50
Il nous reste trois causeries
mardi, jeudi, et dimanche prochains.
Et nous avons encore beaucoup de sujets à traiter.
Nous devons procéder ensemble, réfléchir ensemble
afin de découvrir si l'homme pourra jamais se libérer de la peur
d'en être totalement affranchi
tant de la peur du monde
que de la peur de ce qui arrive, la peur intérieure.
Et il faut aussi aborder la question
du problème très complexe du plaisir.
Et le problème encore plus complexe de la mort
et de la fin de la souffrance.
Et nous devons également approfondir, parler ensemble
du sens de la méditation.
Nous aurons donc encore trois causeries
et nous pénétrerons tout ceci aussi en détail que possible.
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1:19:21
Terminé, Messieurs.
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